Solidays : une solidarité festive

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Pour la 19ème année consécutive, l’association Solidarité Sida par l’intermédiaire du festival Solidays proposait un week-end de concerts afin de lutter contre la maladie. Quelque 169 000 festivaliers se sont donc réunis le week-end dernier pour assister à pas moins de 80 concerts. Si la fréquentation était en baisse, on vous rassure l’ambiance était encore totalement folle.

Vendredi 23 Juin

C’est vers 20h15 que j’entre pour voir l’un des groupes les plus influents de l’histoire du reggae. Toots and the Maytals créé en 1962 (autant vous dire que 95% du public n’était même pas né) apporte encore un peu plus de soleil qu’il y en a déjà sur Paris. Les jamaïcains proposent un reggae posé pour échauffer doucement les festivaliers présents.

Au même instant, La Femme est sur scène. J’ai déjà vu le groupe il y a 3 semaines au Art Rock mais qu’importe, c’était tellement top que je vais de nouveau jeter un œil à la fin de leur concert. L’ambiance y est encore délurée et la folie règne littéralement sur scène. Les mecs sont torses nus (voir en string) entrain de courir et jumper partout pendant que Clémence tout de vert vêtue incarne l’élégance du groupe. Je n’ai vu que 10 minutes du concert mais celles-ci m’ont démontré qu’une fois de plus La Femme faisait des ravages.

La scène Bagatelle n’étant pas très loin, je pars voir Boulevard des airs. Les tarbais disposent d’un bel éventail musical puisqu’ils sont 9 sur scène. Entre rock, chanson française et musique métissée, ils nous font swinger. Dans le public, de nombreux festivaliers connaissent leurs tubes « Emmène-moi » et « Demain de bon matin » par cœur. C’est sympathique et festif mais textuellement et musicalement parlant ça ne révolutionnera pas la scène française.

Je file donc voir la fin de set d’une des révélations rap de ces derniers mois. L’ambiance qui règne sous le chap pour le show de Georgio est tout simplement dingue. Ça remue les mains de tous les côtés. Le rappeur malgré son jeune âge assure complètement devant son public. Il sait y faire pour mettre l’ambiance et lance même un Wall of Death - chose très peu commune dans le rap.

Entre Wax Tailor qu’on verra prochainement Au Foin de la Rue et The Pirouettes qu’on a vu à Mythos. Que choisir ? J’opte finalement pour le duo pop rétro/futuriste parisien. Comme à Rennes, je suis séduis par leurs mélodies entraînantes et leurs paroles entêtantes mais leur set manque cependant un peu de puissance et d’énergie pour un tel festival.

C’est parti pour une nouvelle traversée de l’hippodrome pour aller voir Kungs. Il y a beaucoup de monde pour voir le jeune homme décrit par le programme comme un « prodige». Ne le connaissant pas du tout, c’est avec curiosité que je me rends voir le concert de l’aixois qui en vérité se contente de mixer des sonorités tendances avec des morceaux connus. Je crois même à une blague quand il laisse tourner pendant plus de 30 secondes sans les remixer les morceaux de Daft Punk, Queen ou encore Corona (The Rhythm of the night). Bref, le jeune homme n’a rien d’un grand producteur mais bon, quand on voit la foule, ça marche pour lui…

00h00 : Ca y est, c’est l’heure pour les plus solides d’entrer dans la fosse pour jouer des coudes et des épaules. Et pour cause, c’est l’heure de The Prodigy. Le groupe britannique vient retourner Solidays et même le tout Paris avec des sons electro/rock d’une extrême violence. Le public est à bloque sur leurs tubes planétaires « Omen » et « Smack my Bitch up ». Liam Howlett est à la baguette pendant que Keith Flint et Maxim Reality assure le show malgré leur cinquante piges. Les deux showmans courent de tous les côtés et n’oublient pas d’embrasser le public avant de partir. (Les basses extrêmement fortes ont malheureusement gâché un peu le concert et il fallait prendre beaucoup de recul pour ne pas être dérangé par les vibrations…)

Voici venue l’heure de partir en transe puisque Vitalic a pris place pour son show ODC live. Un spectacle aussi bien sonore que lumineux. Vitalic - toujours aussi classe et calme - envoie encore du très très lourd. Une puissance de malade qui retourne littéralement le public. Même dans les rangs du milieu des pogos s’organisent. Ca jump et remue de tous les côtés. Le producteur dijonnais a surtout présenté les tracks de son dernier album « Voyager » mais il a aussi repris les classiques de ses anciens albums. Un set mélodique et dynamique, planant et entraînant qui m’a encore fait entrer dans une faille spatio-temporelle.

Le temps de faire la longue rando entre la scène Bagatelle et le Domino et j’arrive sur la fin du live de DJ Pone. Seul sur scène, le DJ parisien envoie ses sonorités d’influence hip/hop avec énergie. Une énergie qui se remarque très vite à sa manière démesurément rapide de mixer et scratcher. De ce set, se dégage aussi beaucoup de puissance amenée par des beats bourrins qui malheureusement viennent couvrir l’aspect mélodique de certains morceaux. Si le public est heureux de jumper, on peut être déçu de ne pas avoir pu se laisser bercer par de belles instrus comme celle de « Slow Motion » par exemple.

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Vitalic © Elena_Lazarus


 

Samedi 24 juin

J’arrive sur scène pour la représentation d’Ibrahim Maalouf. Quoi de mieux pour commencer la soirée que de profiter du soleil parisien sous des airs de jazz métissé? Les festivaliers les plus motivés sont déjà en avant-scène pendant que d’autres commencent plus doucement assis dans l’herbe autour d’un verre. Même si on préfère voir ce genre de concert en salle pour une meilleure sonorisation, ce live annonce une bien belle soirée.

On continue en douceur avec l’électro/pop délicieuse d’Isaac Delusion. Le quintet parisien nous avait agréablement surpris lors de l’édition 2015, il confirme ce soir que son ascension est bien méritée. Son univers musical onirique accompagné par la voix douce et mélodieuse de Loïc transporte le public bien au-delà du chapiteau. Un set planant mais aussi énergique par moment avec des sonorités plus rock. (Pour les curieux qui veulent en savoir plus sur Isaac Delusion, rendez-vous prochainement sur notre site pour leur interview)

On retrouve Birdy Nam Nam sur la scène Bagatelle. Le désormais trio parisien - qui a connu en 2014 le départ de DJ Pone - continue de tourner mais l’inspiration hip/hop n’est plus là et le groupe mise aujourd’hui sur un show plus intense à base de beats cogneurs proches de la dubstep. L’identité sonore des débuts de Birdy a donc disparue pour se fondre dans la masse de la tendance et ce à notre plus grand regret.

Après l’hommage aux bénévoles qui verra tout le public reprendre « I will survive » comme tous les ans, arrive sur scène une bande masquée. Il s’agit des Bloody Beetroots qui sont de retour après plusieurs années d’absence en live. Si le groupe italien n’a pas de nouvel album à défendre, il reprend la formule qui les a fait connaître à savoir, une énergie de dingue et des rythmes démesurément intenses. Un mélange entre rock et techno qui retourne complètement le public parisien. En espérant que ce retour sur scène pour les 10 ans du trio donne envie aux membres de prolonger l’aventure par la création d’un nouvel album.

La soirée continue à l’autre bout du site où les concerts électro vont s’enchaîner entre le Dôme et le Domino. On commence par Clément Bazin que nous avions déjà vu récemment au festival Art Rock et qui ne nous avait pas laissé indifférent. Ce soir encore, le show qu’il propose montre toute l’ampleur de son talent devant un public nombreux et sur-motivé. Les sonorités électroniques et les percussions envoyées en live par le producteur parisien font jumper une foule qui semble séduite.

On monte encore d’un cran en énergie avec le set house/techno enjoué de Joris Delacroix. Le sympathique compositeur parisiano/montpelliérain (que nous avons rencontré et dont on publiera l’ITV très vite), amène de la fraîcheur avec des sonorités mélodiques appuyées par des beats techno percutants. Joris nous enferme vite dans une bulle que l’on se force à quitter un peu avant la fin pour rejoindre le chapiteau d’à côté où Boris Brejcha a pris place. Un choix cornélien à faire entre ses deux producteurs de talent.

Caché derrière son masque vénitien, Boris Brejcha ne met pas de temps a envoyer du lourd et dès les premières minutes, il balance des rythmes effrénés. L’univers est parfois sombre et les beats de Boris frappent de manière chirurgicale. Le producteur allemand ne fait pas semblant et le public se déhanche avec énergie. Chaque festivalier se retrouve là encore enfermé dans son monde et se laisse bercer frénétiquement. C’est donc de la meilleure des manières que cette deuxième soirée se termine.

The Bloody
The-Bloody_beetroots © David Poulain

 

Malheureusement ma vie professionnelle m’empêche d’assister à la journée du dimanche. Je laisse donc les festivaliers parisiens en compagnie de M, Dub Inc ou encore Petit Biscuit. On remercie le festival Solidays pour son accueil. C’était encore une très très belle édition. Et bien-sûr chers lecteurs, n’oubliez pas qu’il faut sortir couvert !

Par Florent le 30/06/2017

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