Rock’n Solex – 50 ans mais pas une ride

Rock'n Solex 50ème édition

Cette année, le Rock’n Solex passait encore un cap en fêtant ses 50 ans. Le plus vieux festival étudiant de France en a vu passer des générations de jeunes ingénieurs mais sans pour autant perdre une ride. Si le rock a laissé sa place aux musiques électroniques, la bonne ambiance et les courses de solex sont toujours au rendez-vous sur le campus de l’INSA et c’était une nouvelle fois pour notre plus grand plaisir.

 

Vendredi 5 mai

 

J’entre tout juste pour la fin du concert de Deputies. Le groupe parisien - vainqueur du tremplin - ne tremble pas et lance dignement le festival avec un rock plein d’énergie. Le devant de la scène commence à se remplir et les festivaliers présents ne restent pas insensibles au quatuor. Le batteur finira même le show debout sur son siège pour balancer - comme la tradition le veut quand on est un vrai batteur rock - ses baguettes dans le public.

 

Pour les fans de reggae, le Sound System I-Skankers est de nouveau présent sur le festival pour assurer les interludes. De quoi vibrer sur les musiques des plus grands artistes Reggae.

 

Vient le tour de Taiwan Mc. Vous en aviez sans doute déjà entendu parler pour ses collaborations avec Chinese Man mais s’il était présent vendredi c’était pour présenter son premier album « Cool & Deadly ». Taiwan MC nous propose des musiques reggae/ragga électroniques plutôt entraînantes sur lesquelles, il vient poser un flow qui s’adapte parfaitement à ses rythmes énergiques. Il séduit très rapidement le public et lance un clin d’oeil à ses collègues du Chinese man records en interprétant « Miss Chang » ou encore « Superman » de Deluxe. Des morceaux sur lesquels il a collaboré. Entre hip/hop et reggae, Taiwan MC casse les codes et ça marche.

 

Est-ce encore la peine de présenter le groupe qui suit. Le site est complet lorsque les stéphanois de Dub Inc entrent en scène. Bientôt 20 ans de tournées, 20 ans de musique engagée mais des thèmes qui restent malheureusement d’actualité et encore plus en ce week-end électoral. Le public est jeune mais reprend les grands classiques comme Rude Boy ou My Freestyle mais aussi les sons du dernier album « So What ». Hakim et Bouchkour ont de l’expérience et disposent de tous les codes pour séduire le public. Ils nous font se déhancher sur des mélodies métissées, nous révolter sur des chansons engagées, jumper en partant du sol, gueuler le plus fort possible… Tout y est et  quoiqu’ils disent les bretons étaient là... On leur pardonnerait presque d’avoir présenté Rennes comme le « pays nantais ». J’ai bien dit presque…

 

La soirée est donc bien entamée quand Janheration entre en scène. Les parisiens, nouveaux représentants de la scène reggae française ne mettent pas de temps à chauffer le chapiteau. Les rythmes là aussi sont entraînants et la musique énergique malgré l’influence reggae. En passant après Dub Inc, on ne peut que se rendre à l’évidence qu’il y a un air de ressemblance entre les deux groupes même si Janheration a parfois une touche plus hip/hop.  C’est efficace et les paroles sont loin d’être dénuées de sens mais le froid a raison de moi et je quitte donc le site éclairé par les lumières vertes, jaunes et rouges qui brillent dans le ciel rennais.

 

 Rock'n Solex

 

Dimanche 7 Mai

 

Je n’ai malheureusement pas assisté à la soirée du samedi mais je suis persuadé que mon coup de cœur 2016, Molécule, vous a comblé avec son set nordique débordant d’énergie.

 

Retour à Beaulieu dimanche pour Marek Hemmman. Le producteur allemand fait une entrée discrète sur scène mais au bout de 5 minutes, on comprend qu’on va trembler pendant 1h30. Les beats sont percutants car Marek ne fait pas dans la dentelle. Ça cogne dure. Il nous propose un voyage spacio-temporel dans le Berlin des années 90 avec sa techno brute d’une efficacité redoutable. Si les spectateurs traînent à entrer, ceux déjà présents ne lâchent pas leur place en avant scène. En milieu de set, l’intensité montera encore d’un cran et ne redescendra qu’une fois que Marek Hemman aura quitté la scène.

 

A peine le temps de boire une bière que les frangins Burden d’Octave One sont déjà sur scène. Les producteurs originaires de Détroit sont les précurseurs du mouvement Techno dans cette ville. Ce ne sont donc pas des débutants qu’à invité le Rock’n Solex ce soir mais bien la crème de la crème de la techno (ça se confirmera avec Ellen Allien sur le concert suivant). Les beats technos sont puissants et les accents house et funk amènent une musicalité et des rythmes entraînants. La complicité des deux frères derrière leurs machines est indéniable mais on regrettera un peu qu’ils ne la partagent pas plus avec leur public pourtant bien chaud.

 

Quand Ellen Allien a commencé à mixer, les 3/4 du public présent dimanche n’était pas encore né puisque c’était il y a 25 ans. Créatrice du label Bpitch Control qui réunit des monstres de la techno allemande comme Ben Klock ou encore Paul Kalkbrenner, elle fait elle même parti de ce gratin. Comme ses compatriotes allemandes Ann Clue, Paula Temple ou encore Helena Hauff, Ellen Allien ne vient pas pour nous faire trémousser mais pour nous retourner.  L’énergie qu’elle emploie mais aussi qu’elle diffuse est impressionnante. On est comme ensorcelé, hypnotisé par cette house d’une énorme intensité. Le set ne faiblit jamais et nous ne pensons pas une seconde à quitter la bulle électronique qui s’est formée à Rennes. Nous avons également apprécié le petit clin d’œil à son public français avec un remix d’ « assassin de la police ».

 

Le public est encore très nombreux lorsque Allan Fitzpatrick prend place sur scène. Le producteur allemand fait lui aussi parler sa puissance mais il est déjà 4h du matin et je n’ai malheureusement plus de force pour assister à l’intégralité du concert.

 

Une programmation dominicale d’une très grande qualité a donc clôturé ce 50ème Rock’n Solex. Un grand merci au festival pour son accueil et on espère bien-sûr être là pour la 100ème en 2067.

 

Rock'n Solex

Par Florent le 14/10/2017

Ajouter un commentaire