Radio Elvis : « par le vocabulaire du voyage, je dis des choses intimes avec un peu de pudeur »

Radio Elvis

Lors du festival Art Rock, nous avons eu l’occasion de rencontrer Radio Elvis, un des groupes montants du rock français logiquement récompensé par la Victoire de la Musique de l’album révélation pour « Les Conquêtes ». Composé de Pierre au chant et à la guitare, de Colin à la batterie et aux claviers et de Manu à la guitare et à la basse, le jeune trio parisien est promis à un bel avenir comme ils nous l’ont démontré lors du Art Rock. C’est sur cette terre bretonne de Saint-Brieuc qu’ils ont répondu à nos questions

 

Info Festival : Hier soir vous étiez aux Papillons de nuit, comment ça s'est passé ?

Pierre : Très bien. C'était notre premier festival d'été de l'année. Les festivaliers sont habitués à ce festival et ils étaient là dès le début et très réactifs. C'était un bel accueil et ça promet un bel été.

 

IF : Vous étiez en plein air hier, en salle cet aprem, avez-vous une manière différente de travailler selon le lieu ?

Depuis septembre dernier, on jouait particulièrement en salle donc on a une setlist bien rodée pour les lieux clos. Hier on a fait une set list plus adaptée au plein air. Effectivement on n'a pas la même manière d'aborder les choses, on ne commence pas par les mêmes titres, on change un peu les rythmes et les cadences.

 

IF : Etes-vous plutôt gros festivals avec beaucoup de public ou salle intimiste ?

Colin : Je préfère les salles car c'est l'occasion de proposer son set en entier avec tous les morceaux, construire une trame et puis on peut jouer plus longtemps aussi. Mais les festivals c'est agréable également car c'est une autre période. Ca marque la fin des concerts en salle et ça permet aussi de se défier autrement car pour tenir le public c'est plus compliqué.

Manu : Moi je trouve ça sympa de jouer avec le soleil en face, c'est agréable.

Pierre : En terme d'ambiance les festivals c'est plus sympa mais en terme artistique, les salles c'est plus agréable car on peut proposer un set complet avec des lumières. Quand on joue en journée, les lumières ne se voient pas alors qu'on a bossé une création lumineuse. On perd des choses mais on en gagne d'autres.

Colin : Après dans des festivals comme les Nuits de Fourvière, on peut installer des lumières car le cadre est super inspirant. Faire la création qu'on a bossée dans une salle là-bas, c'est hyper bien.

 

IF : Vous avez beaucoup tourné depuis 2016, est-ce qu'il y a une date qui vous a marqué plus qu'une autre ?

Colin : Je me souviens d'un concert qu'on a fait sur l'Ile d'Yeu, c'est un des rares concerts qu'on a fait dans un bar. C'était lors du festival les Berniques en folie. C'était super car on sortait d'une tournée en salles et on s'est retrouvé là-bas, sur une petite île, à faire un concert dans un bar blindé, plein à craquer avec une petite sono. On s'est permis des choses qu'on ne se permet jamais comme aller dans le public avec les guitares, rigoler entre les morceaux, boire des coups. C'était vraiment cool.

Pierre : On va rester dans les bars car moi c'était dans un bar à New York l'an dernier. C'était la première date aux Etats-Unis et c'est un super souvenir

Manu : Moi c'est les Francos Folies, c'est formidable de jouer devant des milliers de personnes dans une ville où on est allé très régulièrement.

IF : Vous avez déjà fait des dates à l'étranger, comment ça s'est passé devant un public qui ne parle pas français (Radio Elvis chante exclusivement en français) ?

Manu : On avait fait une date à Bilbao en Espagne et le public ne comprenait pas le français mais finalement on a réussi à le capter grâce à la musique. Même en ne jouant que sur la musique et sans la compréhension des textes on peut emporter des gens.

 

IF : Le thème du voyage revient souvent dans vos textes, est-ce parce que vous êtes des grands voyageurs ?

Pierre : Absolument pas, à l'époque de l'écriture du premier album, je lisais beaucoup de littératures de voyage et d'explorateurs. Certaines me plaisaient, me parlaient parce que le vocabulaire employé était très coloré et très inspirant. A travers ça, je pouvais dire des choses intimes avec un peu de pudeur donc du coup ça se retrouve dans quasiment tout l'album.

 

IF : Depuis 2013/2014, il y a une jeunesse qui émerge et qui chante en français avec des groupes comme Feu Chatterton, Grand Blanc, La Femme, vous et bien d'autres. Seriez-vous l'expliquer ?

Manu : Il y a toujours eu des jeunes groupes qui faisaient du rock ou de la chanson en français. Après c'est une histoire de coup de projecteurs et de focalisation à un moment donné. A ce moment-là, nous aussi on est arrivé et on se retrouve un peu sous la même étiquette de jeunes « rock ». Tant mieux car c'est une langue qu'on aime bien et ce sont des groupes qu'on apprécie.

Colin : Il y a peut-être deux ou trois groupes phares qui ont lancé cette génération. Je pense à Fauve notamment dont on a fait la première partie et qui nous ont fait connaître. Ils ont fait un pont entre l'indé et la chanson. Il y a La Femme aussi bien sûr. C'est vrai qu'il y a une vague mais nous, on a toujours écouté les vieux chanteurs  et les groupes français.

 

IF : Une Victoire de la Musique, un agenda blindé depuis deux ans, qu'est ce qu'on peut vous souhaiter de plus pour fin 2017 et 2018?

Pierre : Du repos... Des vacances. (rire) Beaucoup d'inspiration pour le deuxième album, d'aller encore plus loin artistiquement. On a commencé à composer mais de manière très perso, pour nous. J'ai commencé à écrire des textes mais on va s'y mettre plus sérieusement après la tournée fin septembre.

 

En attendant le prochain album vous pourrez retrouver Radio Elvis au festival des Vieilles Charrues, au festival de Poupet et dans beaucoup d’autres.

 

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Par Florent le 14/10/2017

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