No One Is Innocent : C'est un groupe de rock… un peu énervé !

No One Is Innocent interview

No one is innocent est un groupe de rock fondé en 1994, année de sortie de l’album éponyme. Cette formation de cinq musiciens est emmenée par le chanteur Kemar, interviewé lors de la soirée Tagada Jones, on a plus 20 ans III

 

Info-Festival : Pour tous ceux qui ne vous connaissent pas encore, qu’est-ce que No one.

Kemar : Qu’est-ce que no one is innocent ? C’est un groupe de rock… un peu énervé qui a toujours utilisé la musique pour dire leurs pensées. C’est un groupe qui a plus de 20 ans d’existence, qui a tournée, je dirais environ 2000 concerts. En France, à l’Etranger, Amérique du sud, un peu les Etats-Unis, l’Europe… Et j’invite les gens à écouter notre musique pour découvrir ce que l’on fait(rire.)

Info-Festival : C’est une bonne idée (rire). Actuellement en concert avec les Tagada, vous êtes à peu près à la moitié des dates de cette tournée commune. Quels sont les retours que vous pouvez nous faire ?

Kemar : Ça se passe bien. On est deux groupes à être sur la même longueur d’onde au niveau de l’engagement que l’on a dans nos textes. On n’a pas tout à fait le même style musical même s’il s’en rapproche quand même. Mais quel que soit la formation, nous savons d’où on vient, on est deux groupes qui aimons être ensemble en tournée. On a beaucoup d’affinités en communs, on s’apprécie, il y a beaucoup d’humour, d’ironie entre nous. Il n’y a pas de jeux de stars, à qui va prendre la place de l’autre, ou qui va essayer de se faire plus voir que l’autre. Et dans cette période de campagne électoral, pour nous, c’est vachement important d’être ensemble et de pouvoir donner notre discours pendant notre concert.

 

Info-Festival : Pour rebondir sur ce point, une date la veille du premier tour des élections, connaissant les textes des deux groupes, c’est tout un symbole.

Kemar :  Oui, le symbole est énorme. Après c’est le jeu des disponibilités de salle qui a fait que l’on se retrouve à jouer à Paris à Elysée Montmartre la veille du premier tour. Mais il faut aussi comprendre que l’on a nos opinions politiques. Forcément, les gens les connaissent. Mais en cette veille d’élection, les gens sont libres de voter ce qu’ils veulent. Tu vois, ce n’est pas un meeting politique, on est pas là à dire aux gens pour qui voter, leurs donner des consignes de votes ou quoi que ce soit, pas du tout. Nous ce qui nous réunit avant tout, c’est la musique. C’est l’amour de cette ‘zic que l’on fait, enragée, pas forcément au sommet des médias tous les jours à la presse, à la radio etc. Et en même temps, ce n’est pas quelque chose que l’on va chercher. On n’est pas à la recherche de cette reconnaissance totale de notoriété. Ça ne nous intéresse pas. On sait qu’il y a des gens qui achètent nos disques, qui viennent à nos concerts.

Info-Festival : C’est d’ailleurs complet ce soir.

Kemar : Voilà. Et je pense que c’est l’honnêteté et l’intégrité qui prime par rapport à notre musique.

 

Info-Festival : J’ai pu voir sur votre site, « No one n’a jamais perdu le chemin des barricades ». En faisant un parallèle, et d’un point de vue personnelle, je trouvais que votre dernier album était plus rentre-dedans que les précédents. En commençant avec « Charlie » et « Silencio », notamment. Est-ce que c’est une volonté d’affirmer plus fort cette identité de no one ?

Kemar : Pas forcément, parce que le groupe a toujours été engagé quoiqu’il arrive. Simplement, on fait partie de ces groupes qui a un moment donné ont essayé d’alimenter notre musique avec des ingrédients nouveaux, d’enrichir le rock que l’on joue avec d’autres sons. Et ça, c’est notre volonté de ne jamais faire le même album. Et je pense que pour qu’un groupe résiste au temps, il faut se renouveler. Alors, certains vont être déçu, d’autres vont aimer. Mais si le groupe est encore là aujourd’hui, c’est que le groupe a su se renouveler, se donner de l’air pour traverser les années. Après, ce retour, c’est un vrai retour à l’Adn de no one. A un moment donné, on s’est dit ok, on a fait le tour de ce que l’on voulait expérimenter et on a commencé à jouer dans notre local, et on s’est rendu compte qu’il y avait l’Adn de no one qui est revenu. Ce côté brut, instinctif, animal. Et on s’est laissé aller avec ce que l’on était en train de faire.

 

No One Is Innocent

 

Info-Festival : Très bien. Au-delà de la musique, je voulais aborder vos pochettes d’album. Souvent on retrouve des personnes de différents âges, un homme ou une femme. Est-ce qu’il y a un lien un fil conducteur entre les pochettes ?

Kemar : Non, c’est en fonction de la créativité des graphistes avec lequel on a travaillé. C’est vrai que l’identité visuelle du groupe a été beaucoup travaillé par Laurent Seroussi qui a été le premier graphiste original du groupe pendant une quinzaine d’année. Et c’est quelqu’un qui a toujours eu dans l’idée de nous amener plus loin que la pochette normale ou on voit nos têtes. Tu vois, on a jamais ce genre de pochette, ça ne nous intéresse pas. On préfère amener une image. C’est comme une affiche de film, ou tu vois souvent les affiches de comédie ou tu vois les personnages. Dès que ce n’est plus de la comédie, il y a un visuel, c’est un peu plus recherché. Nous on tend plus vers ça. Et du coup, on est moins dans la comédie (rire). Et c’est ce qui nous permet aussi de décliner nos pochettes sur Facebook, comme on l’a fait il n’y a pas longtemps ; le premier album du groupe, ont remplacé la tête du mec par celle de Fillon. Tu rajoutes à côté no one is innocent… No comment !!

 

Info-Festival : Si on tente de se projeter… On peut attendre un nouvel album bientôt ?

Kemar : Oui, on est train de travailler depuis six mois, on a une dizaine d’instru. qui commencent à tenir la route, les textes arrivent… Ça se construit. On est content d’être ensemble. On est toujours content d’être ensemble, et ça, avant de faire quoi que ce soit, avant de faire un accord, écrire une phrase, il faut sentir s’il y a l’envie entre nous. Ce n’est pas facile d’écrire en groupe, mais disons qu’il y a un pôle pour la composition, ou je suis avec les deux guitaristes et après on transmet à la basse et batterie qui nous transmettent les idées, ça marche un peu comme ça. Alors des fois on compose à l’ordi, des fois on a envie de transpirer dans le local pendant des heures.

 

Info-Festival : Est-ce qu’il y a des choses à laquelle on peut s’attendre, qui peuvent ressortir. Quelle image ça va renvoyer ou c’est encore trop tôt pour ça ? 

Kemar : Ecoute, on a plutôt la sensation que ça va être un album plus sombre. Mais si je te dis ça, c’est par rapport à la tonalité des morceaux. Mais, on se posait la question entre nous, est ce que l’on n’est pas le reflet de l’époque dans laquelle on vit. Tu vois, y a un moment où tu fais un album avec quelques titres qui annoncent un peu d’espoir. Est-ce que l’espoir ne se réduit pas en peau de chagrin sur cet album-là, c’est un peu la question que l’on se pose. Mais y a une vraie identité dans cet album et il y a une thématique que l’on retrouve dans plusieurs titres.

 

No One Is Innocent

 

Info-Festival : Très bien. Alors, toujours pour se projeter. A voir les tagada Jones fêter leur anniversaire, encore une fois, avec une programmation énorme…De votre côté, c’est bientôt les 25 ans du groupe, Est-ce que cela ne vous donne pas des idées ?

Kemar : Bien sûr (rire), mais nous on le fera à Paris, chez nous. (Rire)

Info-Festival : Pas de souci, on y sera (rire)

Kemar : D’ailleurs, je tire un grand coup de chapeau à Niko et sa bande parce que c’est eux qui lancent les super idées. Ils arrivent à fédérer. Et en ça, on leur doit énormément

 

Info-Festival : Notamment par rapport aux bals, ou dans l’organisation d’une soirée comme on a plus 20 ans ?

Kemar : Oui, le bal etc. Moi personnellement je serais incapable de faire ce qu’ils font. C’est des mecs qui ont une énergie hallucinante. J’ai beaucoup de respect pour ces mecs. Rien que ce soir, c’est la seule date de l’année ou ils arrivent à réunir le trio magique

 

Info-Festival : D’ailleurs, en parlant de l’affiche de ce soir, si j’ai bien compris, Mass Hysteria devait vous rejoindre pour les dates de la tournée que vous êtes en train de faire?

Kemar : Oui, ça a discuté un peu. Mais c’était la question du planning qui pose problème.

 

Info-Festival : Pour finir, Pour quelqu’un qui veut découvrir dans la continuité des No One, ou du moins des membres, est ce que l’on retrouve des projets parallèles ?

Kemar : Oui, il y a les guitaristes qui ont leurs projets perso. Alors, ils ont tous les deux des « duke » dedans. Il y a the Dukes, et Duke of Paris.

Info-Festival : Ecoutez, pour moi c’est bon, je vous laisse le mot de la fin.

Kemar : Et bien viva Tagada Jones (rires.)

Info-Festival : Merci à vous et bon concert.

 

Tour 2017

Tournée No One Is Innocent

 

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No One Is Innocent - Silencio

Par Cédric le 06/06/2017

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