Møme : « J'ai un univers à défendre »

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Lors des Z'éclectiques, nous avons rencontré le créateur de musique électronique Møme. Si vous ne le connaissez pas, il y a pourtant fort à parier que vous avez déjà entendu son tube Aloha qui a fait un carton à l'été 2016. Mais si Møme est présent dans de nombreux festivals cette année, c'est entre autre pour défendre son album Panorama sorti fin novembre 2016. Un album très instrumental dont il a gardé les mélodies mais qu'il a adapté pour le live comme il nous l'a expliqué dans cette interview.

 

Info festival : Nous étions aux Transmusicales pour voir ton show dans un Hall 9 complet. C'était ton premier live après la sortie de ton album. Comment as-tu vécu ce moment ?

 

Møme : C'était une grosse lutte pour tenir car il était 4h30 du matin. Il fallait rester sérieux et ne pas tomber dans le piège de faire la fête. J'en garde un super souvenir, ça s'est super bien passé. Dans ce hall 9 c'était énorme, c'était ouf.  Je ne pouvais pas espérer mieux pour un premier concert. Déjà jouer aux Trans c'est cool, en plus défendre les titres de mon album sorti une semaine avant devant autant de monde, c'était vraiment une chance.

 

IF : Comment te sentais-tu avant d'entrer sur scène ?

 

Møme : J'avais beaucoup de stress sur l'aspect technique comme une corde ou un MAC qui lâche. Il y a pas mal de choses automatisées donc s'il y a un truc qui beugue, ça fait chier. Surtout que les Trans c'était le premier live donc il allait annoncer la suite. On avait fait une semaine de résidence avant à La Rochelle, on avait beaucoup bossé donc on voulait que le premier lance bien les suivants.

 

IF : Tu l'as dit l'aspect technique est important. Ta scénographie est vraiment bien travaillée. Comment l'as-tu pensée ?

 

Møme : J'avais déjà des idées depuis longtemps mais tout est une question de moyens. Pour ce live, c'est la première fois que j'avais les moyens de bosser avec une équipe ultra qualifiée composée de gars qui sont dans le métier depuis 10 ans. Ils n'ont pas d'œillères, ils aiment faire des choses nouvelles et prendre des risques. J'ai donc partagé mes idées avec eux, et, par leur talent,  ils ont tout mis en forme. C'était un travail de groupe, ce n'était pas que personnel. J'ai un univers à défendre et là on continue de travailler dessus.

 

Møme

 

IF : Ça te semble indispensable d'avoir une scénographie importante ou tu pourrais encore revenir à quelque chose de plus simple ?

 

Møme : Ca m'arrive de faire des live plus simples dans des salles plus petites. Par exemple, je pars aux Etats-Unis en août et je ne vais pas amener tout le gros kit. Même si c'est vrai que tout ce qui est vidéo, ça me rassure. Je suis seul à tenir le live donc ma scénographie me rassure. C'est aussi ça qui fait l'endurance de mon show, la vidéo me donne le temps de respirer et je peux donc me donner à fond. On a travaillé ça en résidence, ma scénographie me laisse le temps de m'organiser sur mes machines, mon pad ou mes synthés.

 

IF : Ton live garde toute la musicalité de l'album mais avec des rythmes plus énergiques. Comment s'est fait ce choix ?

 

Møme : Je n'ai pas modifié les sons de l'album mais tout ce qui est kick ou certains beat techno, je les ai revus pour le live. J'ai retravaillé mes morceaux de A à Z. J'ai fait le choix de partir sur un patch de 16 sorties que je lance avec mon contrôleur et j'y ajoute mes synthés et ma guitare que je joue en live. Mon but était de faire un set continu. Il n'y a aucun arrêt dans mon live. Il n'y a pas un moment où il n'y a pas de son et c'est un truc que j'ai envie de garder. Chez certains artistes qui font de l'électronique et que j'aime bien, quand je vais les écouter,  ils s’arrêtent à la fin de leur morceau et en tant que spectateur, ça me coupe. Je ne voulais pas reproduire la même chose.

 

IF : Sur Internet, j'ai pu lire que tu étais un représentant de la Chillwave, qu'est-ce que ça signifie ?

 

Møme : Quand on parle de chill c'est parce que ça va avec l'histoire de mon projet. Je suis parti en  Australie pour créer mon album et les groupes indés que j'écoutais là-bas étaient dans un style similaire au mien. Ce sont des groupes peu connus qui prétendent faire de la Chillwave. D'un autre coté pour moi ça veut un peu tout et ne rien dire car aux Etats Unis, la chill représente plus l'ambiance surf musique par exemple. Mais l'idée vient quand même de là. Ma définition c'est qu'on utilise des sons organiques et qu'on cherche à les électroniser et les mettre en boucle.

 

IF : Tu es programmé au Printemps de Bourges, aux Vieilles Charrues, au festival Beauregard, au Dour festival et j'en passe. Lequel attends-tu avec le plus d'impatience ?

 

Møme : Peut-être le Printemps de Bourges. Il y a trois ans quand j'ai créé Møme, je ne m'attendais pas à faire du live. On m'en a donné l’opportunité et puis j'ai commencé à y croire à en faire même si ce n'était pas mon truc numéro un à la base. Le printemps de Bourges pour moi c'est un peu mythique même si je viens de Nice et que les gens là-bas ne connaissent pas trop les festivals plus au nord.

 

Møme

 

IF : Comment vis-tu tout ce succès, toutes ces dates ?

 

Møme : Je vais profiter à fond. C'est déjà une chance énorme d'être là, de faire ça. Je ne peux pas dire qu'il y en a une que j'attends plus. Le Printemps de Bourges ça va être ouf mais les Trois Eléphants, le Magnifique Society et le Dour aussi... J'ai également des opportunités étrangères. Le Roskilde au Danemark par exemple. Celui-ci je l'attends grave car il n'y a que trois artistes français dont Justice. Il y a de très belles têtes d'affiche et comme ils ont adhéré à mon projet, ils m'ont mis sur une grosse scène à un bon horaire donc c'est super cool.  Il y a aussi ma tournée aux Etats-Unis en août mais en France j'apprécie car il y a quand même un nombre impressionnant de festivals. J'ai de la chance de faire du live ici cette année donc j'en fait à fond. L'année prochaine j'ai un gros projet sur un deuxième album itinérant dont je ne peux pas encore dire grand-chose. Et si j'ai la chance de refaire des festivals parce que ce projet marche aussi tant mieux mais ça on verra...

 

IF : Les festivals sont des moments de belles rencontres. Est-ce qu'il y a un groupe que tu aimerais rencontrer pour pourquoi pas bosser avec ?

 

Møme : Ces temps-ci, je fais pas mal de dates avec AllttA et j'ai vraiment accroché sur le rap de Medeiros. Je trouve qu'il défonce. On va peut-être faire un truc. Je vais lui proposer et puis on verra... Ils sont supers sympas donc c'est possible qu'il y ait une track qui naisse. Après, si ça doit se faire, ça se fera naturellement.

 

IF : Tu entames d'ici 2h30, tu te sens comment là ?

 

Møme : Franchement je ne suis pas mal là, je suis chaud. J'ai hâte car le public a l'air vraiment pas mal. En ce moment j'ai des supers expériences sur les festivals dans le nord - enfin le nord au-dessus de Lyon - donc c'est cool. Je découvre d'autres ambiances de festivals que ce soit en tant que performeur mais aussi comme spectateur.

 

La suite vous l'avez peut-être lue sur notre site ou vue en live. Møme nous a encore régalé d'un super show aux Z'éclectiques. Il nous a démontré une nouvelle fois qu'il faudra compter sur lui dans les prochains mois pour faire chavirer tous les festivals dans lesquels il est programmé mais aussi dans les années à venir sur ses futurs projets.

 

 

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Par Florent le 14/10/2017

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