MATMATAH : le premier festival après neuf années d’absence !

Matmatah

On y croyait plus… Le quatuor breton qui aura fait danser des milliers de jeunes et moins jeunes sur les terres festivalières et dans les plus grandes salles de concert, avait tiré sa révérence il y a 9 années déjà. Mais c’est fin 2016, à nôtre plus grande surprise, qu’ils ont décidé de « remettre » le pied à l’étrier avec la sortie d’un nouvel album « Plates Coutures ». 
Nous avons eu l’énorme chance de pouvoir partager quelques minutes
avec le chanteur/leader du groupe : Stan. C’est à l’occasion du festival Les Arts S’en Mêlent aux Landes Guénusson, que nous avons assisté à leur premier festival après 9 ans d’absence ! 


Info Festival : Vous avez fait la Cigale à Paris les 16 et 17 mai. C’est le grand retour cette année : un grand concert, retour à Paris... Quels sont vos sentiments après neufs année d’absence ?


Stan : On avait déjà fait l’Olympia en septembre, c’était donc le deuxième retour à Paris. Mais on regrette un peu la tournée parce que c’est crevant… (rires) Non, c’est cool parce qu’on ne savait pas trop où l’on mettait les pieds après 9 ans. On est quand même dans un métier où l’on a tendance à se faire oublier très rapidement. Et quand on a annoncé notre retour - d’abord sur scène en septembre dernier - on avait prévu une petite tournée. Une vingtaine de dates seulement. Et finalement là on va en faire 80 cette année ! Et puis on a vu que les salles se remplissaient très vite. On va bientôt être tout « sold out » depuis le début de la tournée.
Donc il y avait visiblement une attente ! Dès le début et on n’avait même pas annoncé le nouvel album. Mais on savait tout de même que les gens voulaient écouter les anciennes chansons de toute manière. Par contre, on ne voulait pas remonter sur scène sans un nouvel album. Ça aurait fait un peu « Prends l’oseille et tire-toi » donc : non. Ce n’est pas le genre de la maison. On s’est dit : on sort un nouvel album ; sans pour autant que ce soit un prétexte pour remonter sur scène. On a essayé de faire quelque chose de bien et puis ça se passe super bien ! On retrouve notre public et on reconnaît même quelques têtes ! D’ailleurs, on découvre une nouvelle génération. Des 15-20 ans qui arrivent et on ne sait pas d’où ils sortent ! 


Info-Festival : Les parents sûrement ? L’éducation musicale à la Matmatah ?


Stan : Ben non puisqu’ils sont trop vieux pour être les enfants de notre public de l’époque et ils sont trop jeunes pour être les petits frères… On leur a demandé et beaucoup nous disent que notre musique passe dans les soirées. Mais ce qui est marrant c’est qu’ils connaissent le premier album (NDLR : La Ouache) et le dernier (NDLR : Plates Coutures). Ils n’ont pas encore eu le temps d’aller voir entre les deux. 
Mais ça marche super bien et là on attaque notre première date de festival ! 


Info-Festival : Vous avez masterisé votre nouvel album « Plates Coutures » à Londres en Angleterre dans le mythique studio « Abbey Road », qu’est-ce que ça donne ? 


Stan : Non, bon c’est l’étape finale. On a juste envoyé les bandes-son mais on a enregistré dans le Yorkshire au nord de l’Angleterre. Tout d’abord parce que l’on enregistrait en août et on n’aime pas la chaleur… On a pensé à enregistrer en Norvège au début et puis, finalement, on s’est tourné vers l’Angleterre. Et on a fait différents mixes à Bruxelles pour ensuite le masteriser à Abbey Road. Mais bon il paraît que c’est froid Abbey Road. Ce n’est pas nécessairement agréable d’y jouer. Le studio est usé et puis il a fait ses preuves. Il n’a pas besoin que l’on y ailles pour faire sa réputation. (rires) 


Info-Festival : Vous attendiez-vous à autant de reconnaissance et de fougue à votre retour ? Cela vous a-t-ils surpris de voir qu’il y a encore une grande fratrie de fans derrière vous ?


Stan : On avait quand même eu des échos de « rumeurs ». Car en 2015 quand on a sorti notre coffret, on a été beaucoup sollicité par des festivals. Mais on a décidé de tout décliner car justement on ne voulait pas remonter sur scène sans des nouveautés. C’est pourquoi on s’est dit qu’il y a quand même une attente. Mais ce n’était pas concret… On se doutait aussi grâce aux réseaux sociaux mais ils sont arrivés après nous… Donc on n’y croyais pas trop. 
En revanche on ne s’attendait pas à autant de fougue. 
C’est la première fois de l’histoire du groupe que l’on tourne autant de dates « au complet » ! On a d’ailleurs rajouté de nouvelles dates un peu partout en France. 
On est vraiment reparti ! Mais on est revenu par la petite porte, humblement. On n’est pas arrivé « Allez, c’est bon on revient ! ». Donc c’est une bonne surprise. 


Info-Festival : Concernant votre nouvel album, la conjoncture vous a-t-elle inspirée pour vos textes ? On pense notamment à des textes satiriques sur la société comme la chanson « Marée Haute ». 


Stan : Ben on va dire que ça fait 10 ans que l’on a « fermé notre gueule » ! Et le monde a bien changé en 10 ans. Donc automatiquement on n’a pas eu trop de difficultés à trouver des sujets pour les chansons. Et puis le groupe s’est toujours imprégné du monde qui l’entourait depuis le début. Chaque album c’est une espèce de polaroid de l’époque. Le premier album par exemple était très festif et insouciant… ça correspondait à l’époque. C’était une époque assez euphorique en 98. Et puis le monde change et l’on grandit un peu. On a pu les mêmes préoccupations. On a arrêté de regarder des dessins animés. (rires) 


Info-Festival : D’ailleurs il y a eu quelque chose d’assez troublant dans la coïncidence entre la chanson « Marée Haute » et le contexte politique (affaires Fillon) que l’on a connue lors de la sortie de la chanson. 


Stan : Oui, bon ce n’était pas voulu ! Le texte a été écrit il y a deux ans. On a pensé à plein de monde en l’écrivant. Le narrateur de la chanson est un personnage composite, une espèce de « best-of ». Bon comme la campagne présidentielle commençait, on s’est dit on va balancer celuilà en premier. C’était quand même un peu conscient. Par contre on s’attendait pas à ce qu’il y ait autant d’affaires et qu’on ait autant « d’attachés de presse de luxe » ! D’ailleurs, on nous a même traités d’opportunistes. On nous l’a reproché. Alors que le contexte est toujours présent dans nos chansons. On se pose toujours la question si elles ne vont pas devenir obsolètes… Mais celle-là non. 


Info-Festival : Tout comme « l’Apologie » aujourd’hui par exemple ?


Stan : Oui, c’est vrai. Ce n’est toujours pas légalisé. C’est d’ailleurs retourné sur le tapis pendant la campagne. Mais bon en même temps il y a des sujets un peu plus graves et prioritaires. Et puis comme ça, ça nous permet de la rechanter ! Parce que si elle est légalisée un jour, on est dans la m**** ! (rires) Donc finalement on est carrément contre la légalisation ! (rires) 


Info-Festival : D’ailleurs cette chanson n’a-t-elle pas été interdite dans certaines de vos prestations ? 


Stan : Non, on ne nous a pas interdit de la chanter. C’étaient des rumeurs… Enfin, l’État français ne nous a pas interdit. 


Info-Festival : Il y a eu également un « ancien » Matmatah et un « nouveau » avec l’arrivée de nouveaux membres. Cela a-t-il changé la vision du groupe sur ses textes et inspirations ?


Stan : Oui ça a changé mais il y a un noyau qui est resté. On a nos petites habitudes… Même avec quasiment 10 ans d’absence. En 2-3 mouvements ça y est c’était reparti. Et puis Manu est arrivé, un nouveau membre avec sa palette de couleurs, de textures, de méthodes de travail… Donc tout ça, ça apporte quelque chose de différent. Bon tout ne s’est pas fait d’un coup, il y a eu un temps d’acclimatation. Lui il rentre dans une histoire qui existe déjà… On a pris notre temps, on lui a un peu reniflé le cul d’abord, et puis on essayé de vivre des choses ensemble. Pour raconter des choses, il faut d’abord vivre des choses. Donc au début on jouait un peu mais pas trop. On vivait ensemble. Par exemple on est parti au Maroc pour partager et faire connaissance. D’ailleurs à cette époque là on ne savait pas du tout s’il allait se passer quelque chose. On avait aucune obligation de résultat. Et puis finalement il s’est passé un truc et on a essayé de faire des chansons ! 


Info-Festival : Vous êtes passés plusieurs fois aux Veilles Charrues, notamment votre concert en 2001 qui a été très relayé. Le fait de revenir à Carhaix cette année ne vous apporte pas une petite nostalgie ?


Stan : Non je ne dirais pas que c’est une nostalgie, c’est juste le flippe intégral comme d’hab’ ! (rires) Parce qu’aux Veilles Charrues, il faut tout de même le tenir le public… Et on a rejoué après en 2008, c’était d’ailleurs nos adieux. De vrais adieux car normalement on n’aurait pas dû revenir. Mais bon « il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis ». Et puis les Veilles Charrues ce n’est pas le genre de proposition que tu refuses en général. C’est un peu particulier car c’est le jour où l’on joue à la maison. C’est le jour où Carhaix devient la capitale de la Bretagne. Il y a des gens qui viennent voir Matmatah aux Veilles Charrues, et ça c’est le « package » ! 


Info-Festival : Pour finir, c’est quoi qui vous a donné envie de revenir sur scène ? 


Stan : Déjà l’envie de faire de nouvelles chansons. Bon on a quand même une réputation de groupe de scène mais pour nous le nerf de la guerre c’est d’écrire des chansons. C’est vite revenu comme une habitude. 
Avant la tournée on y va un peu à reculons car c’est assez conséquent. Et puis au final la tournée avance et on y reprends goût. On a d’ailleurs un peu l’impression d’être programmé, parce que quand t’as arrêté 10 ans tu te poses beaucoup de questions. Du style : « Qu’est-ce que je fous là à faire le charlot devant des gens ? Comment je vais faire ? Je sais plus le faire... » Et puis finalement ça revient naturellement. 
Mais on a toujours le trac et je dirais même que ça s’empire avec l’âge (rires) L’adrénaline c’est une drogue dure ! 


On remercie encore Tristan Nihouarn de nous avoir accordé quelques minutes de leur temps avant le passage du groupe sur la scène des Arts S’en Mêlent. Le coup d’envoi de la saison des festivals a été lancé pour le groupe Matmatah aux Landes-Guénusson ! Et ce n’est pas le public déchaîné ce soir-là, qui nous dira le contraire. 

 

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Si ce n’est pas encore fait, découvrez leur nouveau single « Lésine pas »

https://www.youtube.com/watch?v=eYAGX9rabfc 

 

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Tournée 2017 Matmatah

Par Virginie le 12/06/2017

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