Made Festival : Déjà tout d’un grand

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Le Made était de retour à Rennes pour sa deuxième édition avec au programme, de la musique house/techno un peu partout dans la ville pendant 4 jours. Le festival commençait dès le jeudi soir au 1988 live club. De notre côté, nous avons rejoint les technophiles au Musik Hall du Parc des Expositions, le vendredi soir.

Vendredi 19 Mai :

Les amateurs de techno étant des oiseaux de nuit, le public commence à arriver vers 23h30 mais il y a déjà un peu de monde quand Robert Hood prend place à 00h00.

Après les frères Burden d’Octave One qu’on a vu récemment au Rock’n Solex, c’est un autre pionnier de la techno made in Détroit qui était programmé ce week-end à Rennes. Pour se rendre compte du cadeau qui nous était offert par les programmateurs, il faut savoir qu’au début des années 90, Robert Hood a collaboré avec Mad Mike et James Mills (rien que ça !) et s’est forgé depuis un sacré CV en solo. Il est même considéré comme le fondateur du mouvement minimal. Il maîtrise donc parfaitement le style et ne tombe pas dans la facilité. Loin de là, on constate ce vendredi que chaque beat tombe de manière chirurgical pour donner un rythme percutant et puissant. A la fin de son show, la salle s’est bien remplie et la chaleur est montée sérieusement.

Luke Slater avait fort à faire pour être au niveau après un tel concert. Avec son projet Planetary Assault Systems, l’anglais est de retour sur le devant de la scène. Son style assez agressif et plutôt répétitif a du mal à m’accrocher mais il l’assume totalement et au vu des pas de danse des festivaliers dans les premiers rangs, je constate que beaucoup sont séduits.

Après Robert Hood, c’est un autre grand nom de la scène américaine qui prend place. Avec sa techno aux accents house et funk, Maceo Plex ne laisse personne indifférent et s’est forgé une sacrée réputation dans le milieu. Sa musique s’appuie sur des beats très rythmés qui font un ravage et nécessitent une énergie débordante. Quand la fin du concert arrive, on a comme l’impression de sortir du cocon dans lequel le producteur américain nous a enfermés pendant 1h30. Envoûtant autant que renversant !

Il est 4h30 et le public rennais n’est visiblement pas décidé à aller se coucher au vu du nombre de festivaliers encore présents. On les comprend car vient le tour d’Helena Hauff. Comment ne pas tomber sous le charme de la mystérieuse allemande et de sa musique nébuleuse?! La productrice hambourgeoise propose une techno sombre qui cogne fort (un peu dans le même esprit que la productrice belge Charlotte de Witte). Un univers glacial qui nous saisit et qui se veut finalement très vite rassurant. Une techno brute et maîtrisée qui vient clôturer une soirée de très grande qualité.

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Samedi 20 Mai :

Pour l’échauffement, les festivaliers étaient conviés aux Gayeulles Electroniques dans l’après-midi. Pas loin de 4000 personnes ont répondu présentes à cette invitation de l’Organisme Texture.

J’entame de mon côté à 23h avec le trio Mandar. Comme la veille, nous sommes encore peu nombreux au début mais le public arrive assez rapidement. Les trois musiciens nous mettent gentiment en jambe avec une techno douce et musicale. En milieu de set, changement de cap puisque ça monte progressivement en intensité. Une ascension qui continuera sur toute la fin du show et se terminera par des morceaux qui tabassent sévère.

La salle s’est bien remplie pour l’arrivée de Sonja Moonear. Comme Mandar, la DJ suisse commence en douceur avec des belles trouvailles sonores avant de passer en milieu de set à une techno beaucoup plus brute. Les jambes des spectateurs vibrent donc à ce moment-là sur des beats ravageurs. En fin de set, Sonja Moonear nous gratifie d’une techno minimale percutante qui nous démontre ainsi toute la diversité de son talent.

Il est 1h30 quand Kink prend les commandes. Il ne prend pas de pincettes et dès le début, balance une techno déferlante. Toujours à fond derrière ses machines, le producteur bulgare déploie une énergie très communicative. Ses créations se font en live comme lorsqu’il se saisit de son clavier ou qu’il tape sur ses percussions électroniques. C’est donc une prestation très accomplie qui nous est offerte. Kink sait y faire pour rassasier le public avec sa techno qui cogne fort et qui ne baisse jamais en intensité sans pour autant être monotone. Autant vous dire qu’il fallait mieux être en forme pour suivre la puissance de ce show.

L’intro un peu longue de Levon Vincent a raison de moi et la fatigue me gagne. Je laisse donc les noctambules rennais continuer la fête sans moi mais en bonne compagnie avec Âme notamment qui a la charge de clôturer la soirée.

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Dimanche 21 Mai :

Pour les assoiffés de musiques électroniques, la « soirée » continuait à 8h avec l’After Made aux anciennes Cartoucherie. Pour ma part, je rejoins dans l’après-midi le Mail François Mitterrand où les DJ se succèdent. Quoi de mieux pour clôturer le week-end qu’une bonne bière artisanale au soleil sur des mix funk/house ? Amener la techno à deux pas du centre-ville, il fallait oser mais le pari est réussi puisque les passants de tout âge sont venus se greffer à la foule d’amateurs pour un après-midi convivial.

Vous l’avez compris, le Made Festival avec ses multiples événements a marqué la cité rennaise d’une empreinte techno indélébile. On souhaite donc une longue vie à ce festival à la programmation pointue et au public connaisseur. On remercie également toute l’équipe pour l’accueil. Le rendez-vous est pris pour l’an prochain ;) .


 

Par Florent le 05/06/2017

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