Insolent "Collection Printemps"

Insolent Collection Printemps

Toujours fidèles au poste, une fois de plus nous nous rendons à Lanester écouter des bonnes vibes reggae le temps d’une soirée ce 22 avril 2017 au Festival Insolent collection Printemps 2017. Comme toujours les retardataires n’auront pas de chance, l’événement affiche complet et c’est près de 8000 personnes qui se masseront dans le parc expo.

Au programme nous espérons découverte, ambiance et sons qui nous emportent.

A l’arrivée, petite demi-heure d’attente, le temps que ces messieurs aux tractopelles ouvrent le chemin du 2ème parking qui est beaucoup plus pratique et confortable pour passer la nuit car sur l’herbe et non le béton du parking du parc expo. Au moment d’aller, enfin, se garer, la sécurité nous scande « pas de tentes », et nous qui pensions nous loger sur place avant de reprendre la route tranquillement le lendemain, raté. Après quelques informations, cela relève du fameux plan Vigipirate, donc pas de tentes, tout dans les voitures et nous devrons quitter les lieux avant 13h. Voilà qui annonce la couleur.

Mais le beau temps était au rendez-vous, parfait pour un des premier apéro-palet de la saison festivalière. Mais le temps nous est compté, le premier groupe a déjà commencer, si on veut pouvoir assister à la fin du show, il faut se mettre en route.

Beaucoup de monde à l’entrée du parc expo, mais pas trop le temps de flâner nous voilà devant la fin du concert de Sara Lugo, allemande-portoricaine de 29 ans qui commence sa carrière en faisant les chœurs à l’âge de 15 ans pour le producteur Umberto Echo, puis enregistre un titre à 17 ans. Son premier EP sortira en 2009, mais c’est avec son premier album en 2011 qu’elle commencera à se faire connaitre, notamment avec la chanson « What about love ». Elle commence alors à être sur les scènes reggae internationales avec une reconnaissance du public et s’entoure de grands noms du reggae français comme Danakil, Yaniss Odua et Nâaman pour ne citer qu’eux. Elle s’affirme vraiment à partir de 2015. Celle qui est baptisée nouvelle voix du reggae féminin, propose un reggae mélangé à la soul qui a rassemblé un petit nombre d’entre nous. Ouvrir la soirée n’est pas toujours chose aisée mais elle a su convaincre et transporter ceux qui étaient présents à l’applaudir.

Nous nous dirigeons ensuite vers le martiniquais Yaniss Odua & Artikal Band, celui qui avec presque 25 ans de carrière nous revient dès le mois de mai avec son nouvel album « la maison ne fait plus crédit », le dernier datant de 2013. On a bien sur entendu les célèbres chansons « La Caraibe » et « Rouge, Jaune, Vert » qui sont devenu de vrais hymnes reggae. Emportant toujours la foule avec lui, ce véritable showman nous a même offert une séquence émotion en laissant la place à ses choristes qui, en reprenant une chanson traditionnelle créole, nous a fait hérissé les poils et même tiré quelques larmes. Les guitaristes accompagnant l’artiste ont aussi offert une énorme prestation. En bref, un agréable moment à écouter et regarder la formation sur scène.

Après ce concert, nous rejoignons l’autre hall pour découvrir Gentleman’s dub club, le groupe a déjà commencé. Ces 9 musiciens anglais sont inclassables tant par le genre de leur musique, un savant mélange entre dub, ska, reggae roots et pop, que par les sonorités de leurs morceaux, parfois gais, chantés, et d’autres morceaux plus tristes ou instrumentaux. Même si l’ambiance avait l’impression de montée avec ce groupe, nous avons décidé de les suivre de loin en allant nous restaurer.

Nous avions aperçu une évolution dans les choix des boissons servies aux différents bars, avec des cocktails cette année mais la réalité était tout autre. Lorsqu’on passe commande, on nous explique que ce n’est qu’une boisson sans alcool aromatisée aux saveurs du cocktail et non une réelle proposition. Quelle déception, affichages mensongers avec un comble, aucun verre d’eau servi au bar, il faut prendre part dans la file d’attente des toilettes pour se servir un verre d’eau, inadmissible.

Du côté de la restauration extérieure comme à l’accoutumé, une attente monstrueuse, environs 45 minutes pour un sandwich et comme auparavant, un choix très restreint pour ceux qui ne mange pas de viande, seulement une tartine avec 3 rondelles de tomate et 3 tranches de chèvre et froide qui plus est. Bref, déception en tous points pour les services proposés.

Histoire d’oublier ces fausses notes retour aux concerts qui eux nous offrent toujours de belles promesses. C’est le moment d’aller assister au show du Peuple de L’Herbe. Après les avoir vu plusieurs fois sur des sites de pleins airs, nous n’attendions pas de miracle quant au son qu’ils parviendraient à donner et nous avons été agréablement surpris. Le son était de qualité, pour leurs 20 ans de carrière, les 7 membres de ce collectif inclassable sont venus présenter entre autres tubes connus, les morceaux de leur huitième album, « Stay Tuned » sorti en début d’année. Les lyonnais ont conservé leur énergie sur scène notamment le chanteur qui se démène dans tous les sens pour amener le public dans le même état d’esprit underground des sons de ce groupe devenu incontournable.

De l’autre côté du parc expo, le public se masse nombreux pour accueillir le groupe très attendu de la soirée, Tryo, qui reviennent avec un nouvel album « Vent Debout » après une pause de 5 ans. En effet, les textes de ce quatuor parisiens nous avaient manqué. La même ligne directrice guide chacun de leurs concerts, entre humour, mise en scène et sons acoustiques, le moment est toujours singulier. C’est avec des drapeaux, reprenant leur nouvelle couverture d’album, qu’au fil du spectacle ils meublent la scène. Ils nous on proposés de vieux tubes en lien avec l’actualité mais aussi beaucoup de leurs nouveaux titres qui pouvaient en dérouter certains car les textes étaient à écouter et non un son qui fait bouger la foule.

Il nous reste peu de temps pour aller voir ce que propose Taïro car son concert a commencé depuis un moment. Nous arrivons donc devant une scène blindée, où chacun reprend le grand classique « une seule vie » de l’artiste. Ce dernier est devenu incontournable sur la scène reggae française, s’offrant même une place sur les dancefloors, avec ses titres oscillant entre reggae, roots et dancehall.

Autre grand groupe très attendu de la soirée : Chinese Man. Le collectif nous offre un show digne des américains avec un film qui se déroule en arrière plan pendant tout le show, fait d’image parfois grave et dure, parfois humoristique mais toujours en suivant le fil d’une histoire. Quant à ce qui se passe sur le devant de la scène, le son proposé est calé et la mise en scène au millimètre. Il faut le rappeler Chinese Man est composé de High Ku, Sly et Zé Mateo, ils proposent un mélange de Dub, d’électro et surtout de Hip-Hop. Leur dernier album Shikantaza sorti cette année à été enregistré sous leur label indépendant Chinese Man Records qui compte neuf artistes dont Deluxe et Taiwan MC pour ne citer qu’eux.

En même temps, Joseph Cotton et Manu Digital se produisent sur la scène du petit hall, nous ne voulions en aucun cas louper le célèbre Joseph Cotton que nous n’avions encore jamais vu en live, celui qui nous a fait découvrir Biga*Ranx avec la chanson « Air France Anthem » mais quelle déception avec les PULL-UP incessants, si bien que nous avons quitté le concert après seulement quelques minutes tellement ce fut désagréable de voir les morceaux hachés. Vraiment dommage également pour Manu Digital qui nous a fait découvrir qu’une infime partie de son immense talent de « Riddim Maker ».

Pour finir cette soirée, les deux derniers groupes passent en même temps, nous décidons de commencer avec Hilight Tribe. Déjà vu plusieurs fois sur scène où nous avions été complètement conquis par chaque représentation surtout à la 49 ème édition du Rock’n Solex. Le son de Hilight Tribe toujours impressionnant nous à encore donné du plaisir et fait dansé, nous faisant même oublier qu’Alborosie était au même moment sur la scène du grand hall. Les djembes, congas, sitar, didgeridoo, dungchen, guitare, basse, batterie et bien entendu le chant font que ce mélange unique et envoûtant du style du groupe est très apprécié à travers le monde en mêlant trance et musique ancestrale. Une merveille.

Nous partons voir maintenant Alborosie avec cette voix si particulière made in Sicilia. Cet italien de souche a fait ses armes au pays du reggae : La Jamaïque. Il chante, joue de plusieurs instruments et compose déjà depuis une dizaine d’années avec le groupe The National Reggae Tickets. Découvert grâce à son titre « Herbalist », puis « Kingston Town » qui le propulsera en tête des charts en Italie et Allemagne, c’est réellement  « Soul Pirate » son premier et excellent album qui le rendra incontournable sur la scène reggae internationale. Cette année, il est venu défendre ses deux dernières créations sorties la même année « Freedom & Fyah » sorti en mai 2016 et un album composé de featuring en septembre de la même année « The Rockers ». Toujours une ambiance extraordinaire se dégage pendant ses concerts, lui qui est un habitué des programmations d’Insolent.

Nous voilà au terme de cette édition printanière 2017, toujours quelques ombres au tableau mais la programmation proposée et le parc expo de Lanester valent bien quelques heures de routes pour ceux qui viennent de loin. 

 

Par infofestival le 18/06/2017

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