Dreambeach Villaricos 2017 : Un bilan mitigé

dreambeach

Après le festival Fasse Rueda, nous avons continué notre route en Espagne pour s’arrêter trois jours à Villaricos dans la province d’Alméria. Pourquoi s’est-on arrêté ici ? Parce qu’il y faisait beau, que la mer était chaude mais surtout parce qu’il y avait un des plus grands festivals de musiques électroniques d’Europe, le Dreambeach Villaricos. Pour vous donner une indication le festival a rassemblé 175 000 sur 4 soirées cette année. On vous dit tout de suite ce qu’on a aimé mais aussi ce qui nous a déçu…

 

Niveau ambiance, on a beaucoup aimé :

 

- Les festivaliers espagnols encore une fois. Quel public ! Toujours à fond de 18h à 10h du matin et dans la bonne humeur. Leurs homologues d’autres nationalités étaient très bons aussi puisque le Dreambeach est un événement international qui regroupe des festivaliers du monde entier.

- Le cadre du festival qui se déroule à deux pas de la plage. On a donc occupé nos après-midis à bronzer et boire des bières sur la plage en écoutant de la techno. Quelle vie difficile que celle de reporter pour Info-festival !

- Les installations lumineuses sur les 4 scènes et notamment la scène Burgal. Des lights qui te mettent tout de suite dans l’ambiance. Pouahhh !

- L’affiche qui rassemblait vraiment tout type de musiques et donc de publics.

- L’organisation globale du festival. Malgré la foule importante, il n’y avait jamais d’attente à l’entrée, aux bars et stands de restauration...

 

Niveau ambiance globale, on n’a pas vraiment aimé

 

- Le line-up mal pensé. Un exemple parmi d’autres, Carl Cox jouait à 18h et Project One à 8h30 du matin. Autant vous dire qu’il fallait être en forme pour assister aux concerts des deux têtes d’affiche du jour.

- Les retards récurrents sur les deux « petites scènes » qui retardaient tous les concerts. Par exemple, le retard de 1h30 sur la scène Open Air San Miguel le samedi a eu raison de notre fatigue et nous avons manqué le concert de Noisia malheureusement.

- Le prix abordable du pass qui cache quand même beaucoup d’autres frais. 72€ auxquels il faut ajouter : 8€ de frais de vente, 20€ de camping, 10€ de parking et 15€ pour pouvoir entrer et sortir sans limite du festival.

- La gestion du parking. Il n’y avait pas de parking camions donc pas de points d’eau, pas de toilettes et on a mis 30 minutes pour sortir le samedi matin à cause des voitures mal stationnées. Et on a payé pour tout ça

- Les contrôles de police anti-stupéfiants à toute heure sur les parkings, campings et même à l’entrée du festival.

- Les toilettes qui débordaient sur le site.

- Le manque de civisme et les montagnes de déchets qui s’entassaient sur la plage avant de finir dans l’eau ou dans les champs aux alentours.

 

 

Niveau musique on a beaucoup aimé

 

Vendredi 11 août

Avec son set techno propre et sans une fausse note, on a été séduit dès 22h par Josevi Ganador AS16. L’espagnol pourtant loin d’être connu du grand public mérite vraiment qu’on s’y intéresse et on suivra son évolution de près.

Sous la Pokerstarts Dreams Tent, c’est encore deux sets techno que nous avons bien appréciés. A 00:00, Seth Troxler a commencé à chauffer sérieusement le public. Habitué des grands festivals internationaux (Glastonbury, Coachella, Burning Man...), l’américain n’a pas tremblé ce vendredi soir et a présenté un set techno minimal bien pensé pour ce type de festival même si on aurait aimé qu’il diffuse un peu plus de sonorités house comme à ses débuts.

Dans la foulée, c’est Joris Voorn qui a entamé son set sous ce même chapiteau. Dans la même lignée que Seth Troxler, il a envo une techno minimale assez brute parfois tintée d’house. Avec des sons fortement inspirés de la techno de Détroit - un brin plus dynamique -, le néerlandais a conquis le public espagnol.

Dans un genre un peu plus hard, on a apprécié voir SveTec. Attention, pour suivre la hardteck du hongrois, mieux vaut avoir de l’énergie car c’est d’une intensité extrême sans une seule seconde de repos. En tout cas, ça nous a fait vraiment plaisir de pouvoir voir ce genre de concert lors d’un festival.

 

Samedi 12 août

Programmé à 18h, Carl Cox a commencé devant peu de public mais autant vous dire qu’à la moitié du set, le chapiteau était blindé et ça remuait dans tous les sens. Avec sa techno brute et puissance, le producteur britannique nous a totalement conquis. Un set d’une justesse impeccable où chaque beat est venu saisir les festivaliers. Un vrai patron !

Autre claque du soir, celle d’ANNA. On ne la connaissait pas mais dès les premières notes, il n’y avait aucun doute, face à nous c’était une berlinoise. En effet, l’allemande nous a proposé une techno berlinoise brute et sombre comme on l’aime avec une énergie de dingue et beaucoup de bonne humeur communicative en plus. On a totalement était séduit.

On a également apprécié la dubstep tintée de rock de Modestep. Avec une batterie sur scène et un mec en avant scène qui chauffe le public, le set était propre. On pourrait dire que les britanniques sont les petits frères de leurs compatriotes Prodigy.

Nous avons aussi passé un bon moment devant Popof. Il faut dire que le français issu du milieu des raves ne fait pas dans la dentelle et envoie du lourd. Sa techno cognait dure mais l’intensité ne variait pas suffisamment à notre goût malheureusement.

 

Dimanche 13 août

Voir rubrique, on a moins aimé


 

Niveau musique on a moins aimé

 

Vendredi 11

On n’a pas vraiment compris pourquoi MHD avait été invité. Après une belle tournée dans les festivals français, les parisiens se sont complètement plantés au Dreambeach. Le public était pourtant assez nombreux à les attendre au début mais il a vite déserté. Sur la scène immense du festival, le groupe paraissait vraiment hors contexte. Difficile de mettre l’ambiance dans un festival international devant un public qui ne comprend pas les paroles et les phrases pour le chauffer.

Même si ça elle nous a fait sourire, on ne s’est pas forcément éclaté devant la programmation de la scène Open Air qui était sans doute pensée pour les fans de Tuning et nostalgiques de la compil Techno.Com 8. De même la programmation entre rythmes dance et sons dubstep de la scène Brugal ne nous a pas convaincu.

 

Samedi 12 août

Parce que pour nos lecteurs, nous sommes prêts à beaucoup de sacrifices, nous sommes allés voir David Guetta. Pour ne pas vous mentir, il y avait de l’ambiance. En même temps, devant nous, il y avait un magicien capable de mixer pendant plus d’une minute sans les mains et debout sur une table. Ce n’est pas une légende, David Guetta ne fait rien derrière ses machines hormis lancer ses tracks et jouer avec le volume.

Après David Guetta, la scène Brugal a vu défiler d’autres magiciens des platines comme Don Diablo et Borgeous. Sur la même scène, à 8h30, nous sommes dégoûtés d’avoir rater le set de Project One qui avait l’air dément d’après ce qu’on entendait depuis notre lit. On ne parlera pas non plus de la Bull Tent où la dance commerciale était de la partie.

 

Dimanche 13 août

En 2010, on les avait vus retourner le chapiteau de Couvre feu avec une drum and bass ravageuse inoubliable. Autant vous dire donc qu’on s’attendait à du lourd encore devant Pendulum. Et bien finalement, c’était une énorme déception. De la pop/dubstep !? Si si ça existe. Imaginez un doux mélange de Skrillex et de Kyo et vous avez le nouveau Pendulum. On a faillit vomir quand ils ont remixé leur titre Tarantula pourtant démentiel à l’origine.

Des groupes de dubstep inintéressants se sont enchaînés sur la scène Pokerstar pendant que de la dance commerciale était encore surreprésentée sous la Bull Tent. Sur la grande scène, les mannequins musiciennes de Nervo nous ont montré que le terme « musique électronique » était vraiment très large pendant que Culture Shock déversait une drum’n bass pas vraiment innovante sur la scène de l’Open Air. Bref, nous avons beaucoup marcher entre chaque scène, priant à chaque changement de plateau pour qu’il y ait enfin du bon son. Nous avons finalement quitté le site dépités vers 4h, non sans être déçus d’avoir rater Vini Vici programmé à 5h30.

 

Comme vous l’avez compris, il y avait à boire et à manger dans la programmation du Dreambeach Villaricos et ça n’a pas toujours était simple de composer un menu équilibré. On a tout de même passé un super week-end dans un cadre vraiment agréable. En revanche, pour avoir l’assurance d’écouter de la bonne musique électronique, on vous conseillera plutôt d’aller dans des festivals comme Scopitone, Panoramas, Nordik Impakt ou encore le Made Festival.


 

Par Florent le 15/10/2017

Ajouter un commentaire