Dans le froid de l’hiver, rien de mieux qu’un bon feu.

Les Feux de l'Hiver

La saison hivernale fait ressentir son doux écrin de fraîcheur en ce début d’année, nous intimant l’envie d’hiberner évitant ainsi de se confronter à la rudesse du temps parcellant le paysage d’une blancheur étincelante … autrement dit, ce soir on se les pèle grave et ça ne donne pas envie de sortir !!! Mais bon, avec les réveillons qui ont laissé quelques marques, il va falloir se bouger et partir en concert pour perdre la dizaine de kilo gagnés.

L’été 2016 a été particulièrement riche en festival de qualité. Alors lorsque l’un de ces festivals fait une édition en hiver, ça donne envie. Ceux qui étaient aux feux de l’été (Saint Prouant, Vendée) se rappelleront surement la furia à la Mass Hysteria ou la folie du Bal des Enragés notamment. Une édition folle où toutes les conditions étaient réunies pour passer un week-end mémorable. Cette édition de Janvier (Monsireigne, Vendée) a elle aussi, basé sa programmation sur des valeurs sures, la soirée affichant complet depuis un mois.

Et pour entrer dans le vif du sujet, commençons par le premier groupe, mais aussi la nouveauté de cette soirée pour moi, les Kavapunk. Crée en 2015, ce groupe local a fondé leur setlist sur leurs compositions, mais aussi sur des reprises de groupes punk ou rock. Ils revisitent les Sales Majestés, Guerilla Poubelle, Les Trois Fromages, Les Sheriff… autant de formations qui ont pu les influencer. Sous le slogan « tout n’est pas cirrhose », ces cinq musiciens nous baignent dans leur univers rythmé et enjoué avec une certaine dose de dérision. On peut citer notamment la reprise de la chanson « Moumou la mouette » en version punk rock. Je ne la connaissais pas avant…C’est une découverte qui peut changer le sens de toute une vie. Ils avaient fort à faire en ouvrant la soirée avec une place qui n’est pas simple. Mais les premiers arrivant ont pu prendre énormément de plaisir à les écouter, la salle se remplissant petit à petit. C’est une découverte intéressante qui nous replonge rapidement dans l’univers festif que l’on aime tellement.

Apes o'Clock - © Les Feux de l'Hiver
Apes O'Clock - © Les Feux de l'Hiver

En parlant de découverte intéressante, c’est aussi la soirée où je vais retrouver mon coup de cœur de l’année 2015, Ape’s o’clock. Ils avaient fait une énorme impression en passant au Roi Arthur avec une prestation énergique et haute en couleur. Connus avant sous le groupe Bonobo Circus, ils ont fait évoluer leurs trames artistiques avec un style vestimentaire et une ambiance nous rappelant notamment le film orange mécanique. Ape’s o’clock sortait en fin d’année dernière l’ep numéro 2 accompagné d’une nouvelle tournée. Ce Rock cuivré aux influences multiples nous permet de naviguer dans différents mondes. En effet, la scène se veut au-delà de la musique, quasiment une prestation théâtrale ou chaque chanson est un acte à part entière. On passe par « Go ape », la présentation du groupe, énergique et festive, la mystérieuse « voodoo queen » captivante et envoutante, ou encore « la mauvaise graine » où le groupe montre sa force de revendication.

Mais malgré ce concert haut en couleur, il est vrai que l’ambiance a eu du mal à prendre. Il a fallu le passage dans la foule du guitariste pour que celle-ci monte d’un cran et à voir les premières à se déchainer totalement sur la musique. Mais ça peut se comprendre aussi avec le froid de cette période. Malgré tout la bonne volonté que l’on peut avoir, être couvert de vêtement et mettre au moins cinq minutes à se réchauffer, ce n’est pas non plus le meilleur moyen de pouvoir se mettre dans l’ambiance et s’éclater. Malgré cela, les Ape’s ont réussi une prestation toujours aussi rythmée, donnant tout ce qu’ils ont pour réchauffer le public.

Et avec ce concert, ils ont préparé de la meilleure des manières, le terrain pour les Caméléons. Je ne sais pas trop s’il y a besoin de les présenter mais au cas où, je me lance. Cette formation, c’est plus de 25 ans sur scène les débuts datant de 1991. Neuf album (le dernier en 2013 « ferme ta gueule »), une énorme référence pour de nombreux festivaliers. Les textes mêlant, l’espagnol, l’anglais, le français, parfois poétique, parfois cinglant. Un style défini comme ska, ska punk, rock festif… Vous voyez l’idée je pense. Malgré quelques chansons récentes tel que « rock n’roll band », la soirée a tout de même énormément tourné autour de leurs classiques, ce qui a dû ravir à coup sur les fans du groupe. Et on peut supposer que le chanteur de Strollad en est un, car on a pu le croiser au milieu de la foule, participant avec enthousiasme à la fête. Lors de ce concert, on a pu jumper sur « Welcome », « Todos », « Hace calor », ou encore « je suis un con » (non je ne parle pas de moi !!!). Les caméléons ont mis un « joyeux bordel » avec un rythme élevé tout le long du concert et un véritable hymne à la fête. Et comme l’ambiance est encore montée quoi de mieux que de finir avec la chanson « à poil », là encore, un de leur classique.

Les Caméléons - © Les Feux de l'Hiver
Les Caméleons - © Les Feux de l'Hiver

Le concert fini je profite d’aller déguster un verre (de coca bien sûr) et aller prendre l’air. Certain ont un peu trop pris à cœur le dernier morceau, jusqu’à se mettre torse nu dehors. Avec des températures avoisinant 0, ça m’a laissé un peu perplexe. Mais passons sur ce personnage intriguant, et l’on retourne dans la salle pour le dernier concert.

Les Strollad sont en place, et on sent une impatience palpable autant du côté du public, que du côté de la scène. Là encore on retrouve un style Ska, très présent tout au long de cette soirée, en association avec la musique celtique. Les Strollad nous invitent à la fête avec un savoir-faire bien à eux. On n’a d’ailleurs pas besoin de les avoir vu en live pour avoir déjà dansé sur ce groupe. Pour beaucoup, la dernière fois c’était au nouvel an avec la chanson saint malo et sa chorégraphie si caractéristique. Autre cadre autre ambiance, le concert de Strollad a été bouillant tout en étant hyper familiale, propagé par une énergie incroyable sur scène. La foule répond avec enthousiasme au sollicitation du groupe permettant une osmose avec les musiciens. Pour le final, les Strollad ont invité une partie de l’association organisatrice de la soirée sur scène, la meilleure des manières de pouvoir les remercier. Et justement, cette soirée tire à sa fin sur cette très belle image avec une dernière chanson qui nous permet de jumper une dernière fois pour conclure cette soirée qui a tenu toute ses promesses.

Le festival a misé sur la scène de la région, ou des régions voisines avec les bretons de Ape’s o’clock. Mettre en avant la scène local est l’une des forces de l’association comme on peut le noter pour le prochain évènement, la "Saint-Pat'ick » le18 mars. En discutant avec l’un des co-président de l’association, on a su qu’il n’y aurait pas d’édition 2017 pour les feux de l’été. Plus qu’à espérer une édition pour l’année d’après, tout en continuant ces éditions d’hiver. Les feux de l’été étant une référence en la matière dans cette région.

Bien sûr, je ne peux pas finir l’article sans un petit clin d’œil à tous les bénévoles qui sont resté dehors pour faire la circulation, servir la nourriture, les boissons… Malgré la température glacée, ils ont gardé une bonne humeur et une gentillesse communicative tout au long de la soirée, et ont permis de passer une soirée conviviale et chaleureuse.

Par Cédric le 06/06/2017

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