Au foin de la rue 2018 : sous des airs et un soleil latino

Foin

Comme tous les ans, c'est en Mayenne que nous passons notre premier week-end de juillet pour le festival Au Foin de la Rue. Nous arrivons en fin d'après-midi et le camping commence à se remplir rapidement sous les chants des supporters qui arrivent à la fin du match. Le soleil est au rendez-vous et cette 19ème édition s'ouvre dans les meilleures conditions

 

Vendredi 6 juillet

 

Comme la tradition le veut, c'est à la guinguette, sous le tonneau, qu'on commence notre week-end. Sur la scène, c'est le groupe Blue Butter Pot qui est en place. On les croirait débarqués tout droit du Mississippi avec leur look de farmer américain et leur blues/folk (voir photo). Une batterie qui donne la mesure et un guitariste barbu qui fait le show et nous entraîne avec sa voix grave. Beaucoup de bonne humeur pour démarrer cette soirée.

 

On rejoint ensuite la grande scène pour voir la dernière demi-heure d'Asaf Avidan, tête d'affiche du festival. Pourquoi la dernière demi-heure seulement ? Parce qu'il nous a déjà déçu plusieurs fois donc on préfère discuter avec les amis qu'on vient de retrouver. Ce soir encore, on s'ennuie à mourir devant ce concert minimaliste. Seul sur cette grande scène, le chanteur a bien du mal à s'imposer malgré l'interprétation de ses titres phares. Un concert à voir dans une salle de 500 personnes mais non adapté à ce type de festival.

 

Rien de méchant car ce qui nous plaît Au Foin de la Rue c'est la découverte de groupes à l'ambiance latino et ça tombe bien car Flor del Fango est en place scène B. Première surprise, d'un coté on reconnaît Madjid Fahim guitariste pour Manu Chao et de l'autre Napo Romero guitariste des Hurlements de Léo. La formation nous propose un mélange entre rock et musiques latinos. Un cocktail explosif qui nous fait travailler autant les hanches pour se dandiner que les chevilles et les genoux pour jumper. On voulait bouger notre corps sur des rythmes latinos et bien, on n'a pas été déçu.

 

Ca continue sur la scène A avec l'électronica de Fakear qu'on a rencontré un peu plus tôt dans la soirée et dont on partagera l'interview très vite. Revenu sur le devant de la scène cette année avec son album « All Glows » sorti en avril, le caennais garde la même inspiration, à savoir une musique électronique mélodique très voyageuse. Avec lui, on décolle donc au dessus du ciel de St Denis de Gastine pendant un peu plus d'une heure. On ferme les yeux et on se laisse emporter par les mélodies avant que des beats cogneurs nous rappellent à l'ordre pour nous faire danser. Avec les titres de son dernier album ou ses classiques comme « La Lune Rousse », Fakear nous a conquis ce soir.

 

Comme on le fait depuis le début de la soirée, on alterne entre scène A et scène B, délaissant un peu le chapiteau pour ce soir. La trap de Dope DOD, on l'a déjà poncée avec plaisir à de nombreuses reprises mais c'est un peu trop violent pour nous ce soir. On préfère revoir Moon Hooch, révélation des dernières Transmusicales. Cousins de Too Many Zooz – groupe déjà passé au Foin -, le trio new yorkais nous montre qu'il est bien loin le temps des fanfares et autres bandas de fêtes de village. Leurs instrus à vent, ils les utilisent comme armes de déhanchements massifs et ça part dans tous les sens pour nous faire sautiller. L’énergie des cuivres alliée aux percussions de la batterie, tout y est pour nous faire chavirer.

 

On chavire mais on ne sombre pas car il nous faut encore beaucoup d'énergie pour terminer la soirée. Et oui, car pour finir, la Phaze n'est pas venu pour nous chanter des berceuses. Bien au contraire, les angevins balancent de la drum&bass ravageuse alliée à des chants et des battements punks. Un mélange étonnant et sacrément puissant. Le groupe s'était éteint et revient plus énervé que jamais et ce pour notre plus grand plaisir. Cette prestation vient clôturer cette première soirée de la plus belle des manières.

 

Butter

 

Samedi 7 juillet

 

Levés en fin de matinée, c'est parti pour le traditionnel tour de parking, car comme chaque année, nous profitons du Foin de la Rue pour revoir tous nos amis d'enfance. Notre après-midi est chargée avec les interviews de Natalia Doco et Janheration puis la rencontre avec la présidente et le vice-président de l'association. Lors cette rencontre, nous avons évoqué, l'éthique du festival, à savoir un festival qui repose en grande partie sur l'investissement de ses bénévoles, sur les échanges intergénérationnels et l'accessibilité pour tous. Cette éthique est le fondement du festival et c'est pour ça que les festivaliers aiment cet événement mais c'est aussi pour ça qu'il durera sur le long terme malgré les difficultés liées au contexte actuel. (voir cette article sur la circulaire Collomb)

 

On ne pouvait pas rater le concert de la pétillante Natalia Doco donc on entre tôt sur le site. Avec son sourire angélique, c'est sur des airs latinos que la chanteuse argentine nous charme et nous envoûte. Que ce soit en anglais, en français ou en espagnol, la douceur de sa voix et sa sincérité ne peuvent que nous toucher. Encore une fois c'est sur une touche de bonne humeur que commence la soirée.

 

Maillot de Monterrey sur le dos, le chanteur annonce la couleur, c'est bien un groupe mexicain qui est sur scène. Kumbia Boruka, comme son nom l'indique, nous propose des morceaux de Cumbia qui nous transportent en Amérique latine. Avec des instrus cuivrées, des percussions africaines et un accordéon, tout y est pour nous faire sentir le soleil latino. Le phrasé et parfois tinté de rap et les textes parlent d'amour comme dans la pure tradition Cumbia. En témoigne d'ailleurs le titre majeur du groupe « La Cumbia del amor » repris en cœur par le public.

 

La suite est un peu moins glamour puisque c'est VALD qui entre en scène. La moyenne d'âge perd 10 ans en quelques minutes. Un conflit générationnel se fait alors sentir puisque les 16 – 20 ans se ruent devant alors que les plus de 25 ans se ruent au bar. Il faut dire que VALD ne fait pas dans la poésie mais dans le trash. Ses textes ne sont bien-sûr pas à prendre au premier degré et quand on prend un peu de recul, les messages passés sont loin d'être dénués d'intérêt. Musicalement, on est sur des rythmes techno bourrins sans grands intérêts mais pourtant efficaces à en voir les mouvements devant la scène. VALD ne fait pas dans la poésie comme sur son morceau « Désaccordé » qui vient clôturer un concert clivant entre la grosse ambiance de la fosse et l'arrière scène qui est dans l'incompréhension totale.

 

Ca repart scène B avec Jahneration. De mémoire de festivalier, nous n'avions jamais vu autant de monde devant cette scène depuis les 12 dernières années. C'était tout simplement archi-blindé. En même temps les parisiens balancent du lourd avec leur hip/hop aux accents reggae. Comme la semaine dernière à la Nuit de l'Erdre (on vous laisse aller lire notre reportage pour ne pas avoir à se répéter), ils ont mis le feu.

 

Attention ça va cogner sur la scène A car les Bloody Beetroots (voir photo) sont présents ce soir pour un live démentiel. Dès le début, ça envoie sévère et ça part dans tous les sens. L'electo/rock des italiens est tout simplement impossible à suivre. Le titre « WARP » nous fait jumper comme des cinglés et tous les autres morceaux sont eux aussi d'une intensité extrême On regrettera quand-même l'aspect répétitif des morceaux et le manque de variation de rythme. Etre au taquet comme ça durant 1h15, c'est physiquement très compliqué. Sacrée performance tout de même.

 

Notre soirée et donc notre week-end se termine devant la fanfare électro Meute. Ca swing sévère sur la scène A mais attention ça cogne également. Les allemands sont de véritables énervés du saxophone. A l'image de Moon Hooch, Two Many Zooz ou encore Deluxe, Meute nous démontre encore une fois que les instrus à vent n'ont pas dit leur dernier mot et qu'ils peuvent être fun. Derrière ces mélodies, les battements sonnent techno pour appuyer encore un peu plus le rythme.

 

TBB

 

A un an de la vingtaine, le festival Au Foin de la Rue a montré qu'il avait encore beaucoup de ressources et nous avons encore passé de très bons moments sur le festival. Encore une fois, les groupes latinos nous ont comblés et l'ambiance était au top. Un énorme merci à l'équipe organisatrice et les 1200 bénévoles qui l'accompagnent (avec un clin d’œil particulier à la Team Cam'tard qui nous accueillent dans la bonne humeur tous les ans sur le parking ;) ).

Par Florent le 15/07/2018

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