Au Foin de la Rue 2017 : Une chaleur caribéenne

Foin

Les 7 et 8 juillet, nous étions au cœur de la Mayenne pour le festival Au Foin de la Rue qui vient enjouer le cœur des habitants de Saint-Denis-de-Gastine depuis déjà 18 ans. Le Foin, on y va tous les ans pour revoir les amis mais pas seulement, c’est aussi l’occasion de découvrir des groupes sud-américains qui tournent très peu en France. Cette année, c’est la Colombie qui était à l’honneur.

 

Vendredi 7 juillet :

La chaleur colombienne est bien présente, grâce au soleil qui n’en finit pas de briller mais surtout grâce au groupe La 33. Composé de 12 membres, le groupe originaire de Cali propose des airs de Salsa colombienne. Certes, nous n’avons pas les hanches des colombiens(ennes) mais on se laisse tout de même bercer tendrement par un set sensuel et joyeux. Si le public est peu nombreux, il est déjà bien motivé et échauffé pour le reste de la soirée. Le festival est donc bien lancé. Vous pourrez retrouver notre interview de la 33 prochainement sur notre site.

Sans perdre de temps on rejoint la scène B pour Soviet Suprem. Enfin, ça serait dommage de ne pas profiter d’un petit verre de rouge sous le tonneau avant quand même. Et paf ! On tombe directement dans le piège puisque Cumbia y Cardon a pris place à la guinguette et c’est une nouvelle fois sur des rythmes colombiens (mais du nord du pays) qu’on se déhanche avec passion. Que de bonne humeur distribuée par les costeños (habitants de la côte caribéenne). Le verre est vide et le set est terminé, on n’a pas vu l’heure passée, la cumbia s’est infiltrée dans nos oreilles et nous a fait bouger pendant 1h. Tant pis, on retrouvera Soviet Suprem aux Arts Sonnés.

22h, Wax Tailor est sur scène. Bien accompagné, il diffuse ses sons d’influence américaine pendant que des MCs viennent poser des flows percutants ou au contraire entraînants. Une belle gamme d’electro hip /hop nous est donc proposée. Le soleil se couche sur Saint Denis et le public est entré en nombre pour ne pas rater le concert du producteur français reconnu mondialement dans son domaine. Un set propre mais qu’on aurait aimé voir plus intense parfois.

De l’intensité il y en a sur la scène B avec Ginkgoa (cf photo) et son electro swing. Entre rap et musique balkanique, le contraste parait tordu mais fonctionne à merveille. Un concert plein d’énergie et de musicalité qui retourne le public curieux de Saint Denis. Pas de doute Ginkoa est l’un de nos coups de cœur de l’année et on espère les revoir très vite.

C’est maintenant l’heure du concert le plus attendu de la soirée. Danakil s’est imposé comme un des groupes phares du reggae français ces dernières années. Que ce soient les trentenaires comme les ados, Danakil a conquis un public très large. S’ils interprètent des morceaux de chaque album, on remarque tout de même que ceux de « Dialogue de sourd » sorti en 2008 touchent plus facilement les spectateurs. En témoigne la reprise par tout le public du titre « Marley ». A noter également, la belle reprise de Piaf version reggae.

Le concert psychédélique du groupe turc Baba Zula peine à me convaincre et je n’ai pas l’énergie nécessaire pour aller danser sur la dubstep et le rap énervé de Foreign Beggars qui retourne pourtant le chapiteau. Je pars donc me coucher pour être en forme pour la belle programmation qui nous attend encore le samedi. Je suis tout de même déçu d’avoir raté le groupe Idiotape qui, d’après les festivaliers encore présents, a assuré pour clôturer la soirée.
 

Ginkgoa

 

Samedi 8 juillet :
 

Après un après-midi convivial et familial à l’Etang à profiter des jeux en bois, des spectacles de rue et des petits concerts interprétés par le public lui-même, on retourne sur le site pour cette deuxième soirée.
 

C’est pour le phrasé en espagnol de Crew Peligrosos qu’on arrive. Le quatuor de Medellin propose hip/hop colombien engagé qui a gardé une saveur latine malgré l’influence du rap US qu’on peut distinguer également. Maillot de la Colombie sur le dos, le leader envoie un flow percutant qui s’appuie sur les rythmes de batterie joués en live.

Comme la veille, c’est à 22h que le gros du public entre sur le site puisque c’est l’heure de la tête d’affiche de la soirée. Un Air Deux Familles, c’est le retour d’une histoire commencée il y a 16 ans avec la tournée commune Latcho Drom des Ogres de Barback et des Hurlements de Léo. Les deux groupes tournent depuis plus de 20 ans mais n’ont pas pris une ride. L’énergie diffusée sur scène est impressionnante. La setlist comprend des morceaux des Ogres comme « Rue de Panam », d’autres des Hurlements de Léo comme « Au café des jours heureux » ou encore le très beau « La malle en mai » mais aussi des reprises de la Mano Negra (« La ventura »), des Berrus (« Salut à toi »), de Mano Solo (« Pas du Gateaux »). On a même eu le droit à un invité surprise en la présence de Florent Vintrignier de la Rue Kétanou pour interpréter « Les cigales ». Bref un concert vraiment complet et plein d’intensité qui s’est terminé – comme le veut la tradition avec les Ogres – dans le public avec les instruments. Comme pour La 33, rendez-vous très vite sur notre site pour y retrouver notre interview d’Un Air Deux Familles.

Comme je le disais, le Foin de la Rue c’est le festival convivial par excellence et c’est après des belles retrouvailles entre amis qu’une heure plus tard, je retourne sur la scène A pour Deluxe. Comme lors du festival Art Rock, le groupe envoie une énergie de dingue. Leurs rythmes électroniques soutenus par les instrus à vent retournent la fosse et la voix de Liliboy est toujours aussi étonnante et irrésistible. Un concert dynamique qui se termine en pyramide comme le groupe en a pris l’habitude.

Ayant vu de nombreuses fois Puppetmastaz, je me laisse accrocher par El Caribefunk à la Guinguette. Un peu dans le même esprit que Cumbia y Cardon, les colombiens de Cartagena distillent la bonne humeur. Sur des rythmes cumbia et salsa joyeux qui nous font danser, des airs de guitare funk viennent se poser. Une fois que le rythme est pris et que le sourire des musiciens nous a conquis, il devient impossible de quitter l’avant-scène.

Le festival se clôture avec le projet Sinners de N’to et Joachim Pastor. Pour ce projet N’to avec sa techno minimale s’est allié à l’approche plus musicale de Joachim Pastor. Si le projet sur le papier semble plutôt intéressant, le live est plutôt décevant. Certes c’est loin d’être inintéressant mais on aurait aimé que ça aille un peu plus loin. C’est propre et précis (comme on en a l’habitude avec N’to) mais ça manque d’intensité. On ressent comme un sentiment de facilité en regardant les deux producteurs sur scène.

Le festival se clôture et on a encore passé un super moment ce samedi soir. On n’est notamment pas prêt d’oublier la reformation d’Un Air Deux Familles (cf photo).

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C’était encore une belle édition. Une fois de plus un gros coup de chapeau aux bénévoles pour la décoration encore plus belles que les années passées (il fallait le faire !) et pour leur amabilité aux bars, restos, parkings, camping… Un grand merci à l’organisation pour l’accueil et pour la programmation sud-américaine qu’on ne peut voir qu’ici. Enfin, bravo à l’association Quest’Handi, Au Foin de la Rue et aux Mains Baladeuses qui font un vrai travail pour rendre le festival accessible à tous et toutes. A l’année prochaine. :)

 

Par Florent le 13/07/2017

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