Art Rock : Fantastic Evènement

Art Rock

Ce week-end, nous étions pour la troisième année consécutive au festival Art Rock. Au programme de cette 34ème édition, une sacrée affiche avec Metronomy, The Kills, The Black Angels, La Femme mais aussi de nombreuses découvertes. Le Art Rock c’est aussi des expositions sur le thème de l’édition « Fantastic Elements », des concerts dans les bars, de la gastronomie…

Vendredi 2 Juin :

La circulation entre Rennes et Saint-Brieuc est si mauvaise que nous arrivons trop tard pour assister au concert de Naive New Beaters. (Pour ceux qui ont apprécié le concert, je vous renvoie vers l’interview qu’on avait réalisé avec le groupe il y a peu. C'est  ici)

 Quand nous franchissons les portes c’est le groupe Jagwar Ma qui est sur scène. Il est 20H mais les fans ne ratent pas une miette du rock psyché des trois australiens. Un rock planant mais qui ne manque pas d’énergie à l’image de son leader Gabriel Winterfield qui donne tout sur le dernier morceau et fini même allongé sur la Grande Scène. 

On enchaîne sur la scène B avec Roméo Elvis. Le belge est décrit dans les médias spécialisés comme l’étoile montante du rap en français. Il envoie un flow percutant qui fait jumper et lever les mains d’un public assez jeune regroupé en bord de barrière. Ses punchlines s’appuient sur de gros beats électro. Si le public adolescent et conquis, ce n’est pas le cas des plus âgés.

21h30, La Femme s’installe. Le groupe a connu un énorme succès avec son dernier album « Mystère » qui a été encensé par les médias spécialisés. On avait donc hâte de voir ce que ça allait donner sur scène. Si leur musique et leurs textes paraissent simples, ils font mouches et tapent sur la corde sensible pour nous faire bouger. (Je défis quiconque de ne pas se trémousser sur les mélodies qui oscillent entre pop psyché et rock déluré.) Une énergie impressionnante est déployée en avant scène par Marlon qui utilise son piano comme une guitare et n’hésite pas à se jeter dans le public pour un slam. De son coté, la mystérieuse Clémence apporte par son sérieux et son déhanché robotique, un coté mystique au groupe. Les morceaux comme « Sensation » et « Où va le monde » sont repris en chœur par le public. S’ajoute à la folie du groupe, la prestation de deux danseuses pour former un véritable show. Une sacrée performance!

Pas le temps de souffler que nous rejoignons la scène B où Coely envoie un flow percutant sur des musiques entraînantes. Le public va de gauche à droite et de haut en bas embarqué par la joie communicative de la jeune belge. N’ayant vu que la fin du concert, on espère la revoir très vite.

 C’est maintenant au tour de la tête d’affiche de commencer. Il s’agit du duo The Kills accompagné pour leur tournée par d’autres musiciens. Quand on assiste a un concert du groupe anglo/américain, il ne faut pas s’attendre à une énorme scénographie, le duo préférant miser sur le charisme naturel et la voix puissante d’Alison alliés aux accords méthodiques de Jamie. Un rock brute, entraînant mais aussi sensuel qui plaît aux amateurs du genre. Si on a mis du temps à entrer dans le concert, l’énergie déployée à la fin nous a fait chavirer.

 C’est Cassius qui a la charge de clôturer cette première soirée mais pour ma part, je file dans un bar car le Art Rock, ça se passe aussi dans les troquets de jour comme de nuit.     

The Kills

 

Samedi 3 juin :

Direction le musée pour observer les expositions sur le thème Fantastic Elements, on a beaucoup aimé 32 x 6 de Nils VÖLKER. L’œuvre composée de sacs plastiques est pleine de légèreté et donne envie d’embarquer vers le large. Bitt.Fall de Julius Popp a également suscité un intérêt chez tous les spectateurs jeunes ou moins jeunes qui se sont précipités vérifier que c’était bien des gouttes d’eau qui formaient les mots.

 C’est pour le concert d’Ibibio Sound Machine que nous entrons. Un rayon de soleil soul brille alors sur Saint Brieuc. Des sons métissés et colorés qui font bouger le bassin du public qui arrive doucement. Le plein d’énergie est fait pour la soirée. 

 Le temps de manger et Julien Doré a déjà pris place. Si l’intensité du concert est plutôt bonne et les fans à fond dedans notamment sur ses tubes « Le Lac » et « Les limites », Julien Doré ne nous surprend malheureusement pas. Le chanteur assume sa réputation de séducteur et en joue énormément dans son attitude comme dans sa voix. Il n’arrive pas à dépasser cette étiquette tant caricaturale qui lui a été apportée par les médias. Il flirte avec les limites (plutôt que les dépasser) entre premier et second degré, ce qui peut-être déstabilisant. On n'a d’ailleurs toujours pas compris pourquoi un Panda était entré sur scène et des strapontins envoyés dans le public.

Après l’averse venue perturber la fin du concert, c’est Clément Bazin qui est sur la scène B. Entre sons électroniques et organiques (percussions), le producteur se donne à fond pour nous faire bouger. Sa prestation live est très propre mais l’averse a malheureusement refroidi un peu le public. 

 23h15, les moustachus de Deluxe arrivent sur scène avec leurs plus beaux costumes. Ils partagent avec le public une énergie démentielle. Des instrus à vent qui claquent, des beats électroniques qui font jumper et le flow si unique de Liliboy forment une recette idéale pour retourner le public bien énervé dans la fosse. Les moustachus ont de l’humour et transmettent leur bonne humeur au public qu’ils surchauffent en permanence. Un concert d’une grande intensité mais on reproche tout de même à Deluxe d’avoir un peu mis de coté les instrus à vent au profit de battements électroniques bourrins qui font perdre à leurs morceaux un peu de musicalité.

On laisse les derniers festivaliers profiter de l’electro berbère d’Acid Arab et partons nous coucher afin d’être en forme pour l’interview de Radio Elvis le lendemain matin.  

ambiance

 

 Dimanche 4 juin :

Après les avoir interviewer le matin matin même, à 15H, je rejoins le grand théâtre où se produit Radio Elvis. Le trio parisien récompensé aux dernières victoires de la musique pour leur album les Conquêtes ne tardent pas à montrer que c’est également un groupe de scène. Pendant la première partie du concert, le groupe nous fait voyager dans son univers parfois à la fois sombre et onirique. La voix puissante et sensuelle de Pierre diffuse des textes métaphoriques et poétiques sur des mélodies assez douces. En milieu de set, changement de cap, Radio Elvis nous montre son côté rock. Le public se lève, les lights s’éclaircissent, les battements de Colin et les lignes de basses de Manu s’accélèrent. Derrière son micro, Pierre enlève sa veste et fait parler avec assurance son leadership avec une attitude rock. Les refrains de leurs titres s’imprègnent avec force dans nos têtes et si les reprises sont parfois casse gueule, celle d’ »Osez Joséphine » de Bashung est juste excellente. Pas de doute Radio Elvis est promis à une belle carrière et c’est sur une ovation que le trio quitte la scène.  

Retour sur le site à 19h pour l’entrée de KillAson. Le rappeur de Poitiers n’a que 21 ans mais qu’est-ce qu’il assure ! Si le public est peu nombreux, tout le monde est néanmoins captivé que ce soit les enfants comme les seniors. Son flow tranchant qui passe du grave à l’aigu n’a rien à envier à celui de ses compères américains. Il l’appuie par des beats électro qui tapent dure et sur lesquels il ne se fait pas prier pour faire le show. Entre danse, jeux avec le public et expressions de visage délirantes, KillAson est un vrai show man. S’il est arrivé comme une star avec son long manteau, il a très vite montré qu’il ne se prenait pas au sérieux mais qu’il maîtrisait totalement son sujet. Il termine son concert torse-nu et galvanise le public par un salto. Ce rappeur est une pépite !

Changement d’ambiance sur la Grande Scène puisque Thomas Azier exerce ses talents dans un style plus doux. Avec ses ballades electro pop et sa voix délicate, le néerlandais nous berce dans son univers rêveur et malgré la foule qui arrive rapidement, le concert se veut intimiste.

La programmation sur la scène B n’a pas fini de nous surprendre puisque c’est encore un artiste plein d’énergie qui est en place. Il s’agit de Baloji. Avec leur hip/hop made in Congo, l’artiste belge et ses musiciens proposent des sonorités fortement influencées par leur pays d’origine et le résultat sent bon le soleil. Les musiciens font parler leur expérience quand Baloji au chant fait parler sa vitalité avec un phrasé oscillant entre soul et hip/hop. Le guitariste (dont j’ai oublié le nom) recevra une grande ovation quand il clôturera le set en jouant derrière son dos. Une grosse dose de bonne humeur !

21h : Entre en scène The Black Angels un groupe qui jouit d’une sacrée réputation dans le monde du rock psyché et pour cause, ses membres sont aussi les créateurs du festival Lévitation. Le rythme entêtant de la batterie allié à la guitare souvent saturée donnent une atmosphère parfois lourde qui contraste avec la scénographie lumineuse et phasante diffusée sur l’écran en fond de scène. La voix du leader est quant à elle quasiment chamanique et on est comme transcendé à son écoute.

N’arrivant pas à entrer dans l’univers très décalé d’Agar Agar, on s’octroie une petite pause pour entrer en forme sur le concert de Metronomy, la tête d’affiche du week-end. Pour satisfaire son public, le festival a invité une sacrée pointure de l’électro/pop et le groupe ne mettra pas de temps à nous convaincre de sa stature. En effet, le quatuor anglais - devenu quintet ce dimanche soir – entame sans prendre de gants par le renversant « Back Together », premier morceau de leur album « Summer 08 » sorti en 2016. Le groupe nous saisit autant qu’il nous remue en s’appuyant sur des basses percutantes et rythmées sur lesquelles viennent se poser les sons funk/disco des claviers. La voix douce d’Anna Prior vient aciduler celle si singulière de Joseph Mount et les deux réunis nous en donnerait presque des frissons. Les fans sont à bloc de l’avant-scène jusqu’à l’arrière. Devant, les plus jeunes s’en donnent à cœur joie dans de petits pogos alors que les quarantenaires se déhanchent tranquillement à l’arrière. C’est d’ailleurs, une des grandes réussites du festival, être intergénérationnel.

Nous avons tellement entendu parler de l’installation de feu de la Compagnie Carabosse que nous décidons de faire l’impasse sur le concert d’Archive. A peine avons nous mis un pied dans le Parc des Promenades que nous ne regrettons pas notre choix. Le lieu est féerique et apaisant avec des machines immenses qui diffusent du feu mais aussi des coins plus tranquilles où on peut s’asseoir pour discuter et se réchauffer.

Black Angels

 

Encore une fois le festival Art Rock nous a régalé avec des concerts d’une très grande qualité et une organisation impeccable. Pas de doute le festival breton fait parti des plus grands festivals français.

Par Florent le 14/10/2017

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