1 an de plus pour les enragés !

On a plus 20 Ans

Le 15 Avril, on repart sur la route, direction les Herbiers (Vendée), là où se tient le festival on a plus 20 ans III,  organisé par Tagada Jones. L’annonce des groupes de la soirée s’est faite en octobre, quand on voit une programmation pareille, on ne peut s’empêcher de compter les heures une par une, jusqu’à ce que la date fatidique arrive. 3973 heures après cette annonce, on y est enfin !!! Et il faut dire que les soirées « on a plus 20 ans » deviennent un rendez-vous incontournable pour de nombreux fans. L’avantage, c’est que l’on revoit les personnes que l’on a rencontré les années d’avant ou à d’autres festivals, comme le veut la tradition. C’est aussi l’occasion de se rappeler les meilleurs souvenirs de l’année précédente en partageant un verre.... Après, c’est cool de se rappeler des bons moments, mais maintenant il faut s’en créer d’autre. Avant même l’ouverture des portes à 18h30, une queue attend patiemment pour rentrer. Mais aucune crainte à avoir, l’entrée dans la salle se fait relativement rapidement.

A peine le temps de faire le tour des stands de nourriture et des bars (ou l’inverse, chacun ses priorités) que le premier groupe résonne dans le parc des Herbauges. On retrouve Les 3 Fromages avec la lourde tâche de devoir faire bouger toute cette foule et mettre dans l’ambiance ceux qui ne le sont pas encore. Ils enchaînent leurs classiques, et c’est toujours autant agréable d’entendre des chansons tel que « ma botte au cul ». L’ouverture de ce festival se fait sur prestation sur-vitaminée, les textes des 3 Fromages nous transportent dans leurs univers plein d’humour. Il ne faut pas omettre aussi, au-delà de l’aspect musical du contact privilégié du groupe avec leur public. Ils finissent sur une chanson un peu plus rap (n’drôle), ou on découvre ce qui peut saouler le groupe. Ils expliquent que ça les saoule lorsque on leur demande pourquoi ils s’appellent les 3 fromages. D’un autre côté être quatre sur scène, et s’appeler trois fromages, il y a de quoi se poser des questions. En comparaison, Tryo, eux sur scène, ils sont bien tr… Enfin bref, passons.  Après cette première prestation de la soirée tout en énergie, je me rends compte que c’était le seul concert de l’année pour les 3 Fromages. Il faudra attendre 2018 pour les revoir sur scène avec un nouvel album. Enfin, rassurez-vous, si vous êtes trop impatient pour attendre aussi longtemps, allez voir du côté d’Albatross, The Last Moment, Fat n’mean, ou encore Sons Of O’Flaherty pour voir certains membres dans des styles différents. 

 

La soirée se poursuit, avec une pause bien méritée, et le temps de prendre l’air. Les salles c’est bien, mais il fait vite chaud quand même. On prend le temps de s’hydrater, et c’est reparti pour un concert. On retrouve encore des bretons sur scène, mais dans un style assez différent, justement à consonance très bretonne.

 

C’est parti pour une bonne heure de Bombarde et de biniou du couple de sonneurs lorientais, Éric et richard, accompagné de loran et sa guitare électrique portant le chant breton de Gwenaël. (On retrouve aussi une boite à rythme, mais je cale sur le nom). Ce soir, ces quatre insoumis nous déchaînent encore une gavotte endiablée dont ils ont le secret. J’ai beau les avoir vu très souvent, je ne m’en lasse pas de les voir en live, tellement il y a une énergie qui se propage, un lien avec le public hyper fort. Les ramoneurs, au-delà de l’aspect culturel breton, s’inspirent énormément de traditionnels d’autres cultures, soutenant une ouverture d’esprit sur les autres.  Pour les nostalgiques des Béruriers noirs, (ils sont nombreux et ça se comprend) vous aurez le plaisir d’entendre quelques classiques, cela varie suivant le concert. Et c’est vrai que de nos jours, chanter « porcherie » est toujours autant d’actualité qu’en 1989 pendant le célèbre live, d’autant plus qu’ils viennent de sortir une version 2017 avec le bagad bro Kemperle. A noter qu’ils fêtaient leurs 10 ans l’année dernière à la Gacilly, la programmation comprenant notamment… Tagada Jones. Pour leurs onzièmes années, un album va voir le jour au mois de juin, j’ai pu avoir des retours du staff des ramoneurs qui ont écouté l’album, et de ce qu’ils disent, la barre est placée haut. Ils ne joueront pas de nouvelles chansons sur scène jusqu’à la sortie d’album, donc patience !!!

 

Les consonnances seront moins bretonnes, mais toutes aussi dissidentes qu’avec les ramoneurs, les No One Is Innocent prennent place sur scène. Actuellement en tournée conjointe avec les Tagada, ce n’est pas étonnant de les retrouver ce soir. D’autant plus que l’on retrouve chez eux un état d’esprit très proche des hôtes de la soirée, tout en ayant un style scénique et musical distinct. Cela se traduit par un rock bouillant, la spécificité du groupe se construisant au fil des albums avec une variété d’approche musical. Le dernier à quant à lui un retour aux sources avec l’album Propaganda se traduisant par un rock tout en puissance, percutant, porté par des textes tranchants. Cette force de conviction se retrouve sur scène, la formation étant emmenée par le chanteur Kemar, toujours aussi bondissant.  Que ce soit les fans de la première heure, ceux qui ont découvert les No one avec le dernier album ou ceux qui ne connaissent pas du tout (Ces derniers devaient être assez rare), chacun a pu s’y retrouver avec un tour d’horizon des classiques du groupe, portée par une foule survoltée. Le concert se termine, la chanson « 20 ans » me restent en tête comme un symbole du parcours du groupe.

 

La moitié de la soirée est passée, un petit tour au merchandising permet de faire coucou aux membres des 3 Fromages qui profitent des concerts pour être au plus proche des fans. D’ailleurs, tout au long de la soirée il était possible de croiser certains membres de chaque groupe derrière les stands, toujours heureux de pouvoir rencontrer leurs publics.

 

Mais trêve de bavardage, Mass Hystéria commencent à haranguer la foule, lorsque le chanteur muss demande au public, « est ce que vous êtes prêts », la foule n’aurait même pas eu besoin de répondre tellement l’impatience était palpable. Bon, d’accord c’était un faux départ, le reste du groupe n’était pas prêt. Mais rien de mieux qu’un faux départ pour faire monter la pression de la furia parfaitement introduite par la chanson « chien de la casse ». C’est le genre de chanson qui met tout de suite dans le bain, tout en sachant que le rythme retombera qu’à la fin du live. Le concert était un peu particulier car les Mass accueillent un nouveaux bassiste, d’origine Irlandaise (ça n’apporte pas grand-chose de le préciser, mais c’est moi qui écrit, je fais ce que je veux !!!). Ils ont aussi ressorti des chansons des anciens albums, tel que « plus qu’aucune mer », tout en ayant les indétrônable, Positif à bloc, notamment. Cela pourrait être le slogan de la soirée tellement l’ambiance est familiale… en tout cas je parle pour moi, mais je passe une soirée à la hauteur de mes attentes… quand on en est rendu à compter les heures, vous pouvez comprendre que j’en avais énormément.

 

C’est déjà l’heure du dernier concert, la soirée est passé à une vitesse hallucinante. Les hôtes de la soirée seront les derniers à chanter pour son public de dissidents. Tagada Jones est devenu maître dans l’art de fêter leur anniversaire, tout en faisant de très beaux cadeaux à leurs fans avec des programmations à chaque fois d’une qualité incroyable.

Quelques mois avant, ils ont sorti leur neuvième album studio, « La peste et le choléra ». Ce soir, c’est l’occasion pour moi de découvrir certaines des nouvelles chansons en live. Pour ceux qui ne l’ont pas encore écouté, je trouve (cela ne restant que ma vision personnelle) que l’on ressent une amertume en fil rouge de l’album vis-à-vis de notre société, du monde actuel, et de ce que l’on peut voir dans les médias. Amertume oui, mais sans tomber dans le fatalisme. Bien au contraire, de nombreux titres sont axés sur la volonté d’une réaction, une dissidence qui s’expriment, une jeunesse qui assume son rôle en étant force de conviction.  En soi, un album percutant, et novateur, tout en étant dans la lignée de ce que sait faire Tagada Jones. Pour le live, on retrouve sans surprise la peste et le choléra, et vendredi 13, teasé avant la sortie de l’album. Les chansons « morts au con », ou encore « envers et contre tous » sont aussi jouées, et le public semble déjà les connaitre par cœur. Tout à la fin, les tagada Jones interprète un medley de Parabellum, en hommage à Schutz et Sven. La encore, un grand moment, la scène se remplissant des artistes des autres groupes. Ce ne sera l’un des moments où la scène sera pleine a craqué, cela s’est passé 4 ou 5 fois tout au long de la soirée.


C’est sur cette photo de famille que ce festival va doucement vers la fin. SI on devait chercher un point commun entre tous les groupes de la soirée, je dirais que c’est leurs capacités à entrainer la foule avec eux pour imposer une ambiance des grands soirs. Ils l’ont encore démontré avec des concerts énormes, porté par un public d’habitué partageant la même passion pour la musique que les artistes de la soirée.

 

Par Cédric le 04/06/2017

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